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Par schmidt david, le 20.07.2013

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Date de création : 15.01.2013
Dernière mise à jour : 10.07.2014
47articles


La conscience est partout par Nisargadatta maharaj

La conscience est partout par Nisargadatta maharaj Nisargadatta_Maharaj

(Revue Être. No 4. 14e année. 1986)

Le titre est de 3e Millénaire

Extrait d’entretiens de « Ni ceci, ni cela » publiés, comme la majorité des livres de Nisargadatta, aux éditions « Deux Océans ».

10 février 1980

La conscience est présente dans chaque forme animée par la vie mais elle n’apparaît dans la matière que reflétée par un principe « conscientiel » limité. Ce devrait être le contraire !

Tout ce que vous pourrez dire sera certainement très logique au niveau corps et intellect, pourtant ce n’est que lorsque votre notion d’être se sera nettoyée, complètement débarrassée de cet état corps-intellect, qu’elle deviendra univer­selle. L’être est la source d’où ont surgi les cinq éléments, les trois Gunas, suivis de la végétation et du royaume animal.

Le prâna, la force vitale, est présente dans les végétaux. Y a-t-il également une conscience dans la plante ?

Tout ce qui est visible et perceptible dans l’espace est créé par la conscience et imprégné par elle. Cette création tout entière finira par se fondre dans l’espace. Du point de vue du corps chaque forme constitue une entité séparée, mais au niveau de la conscience, elles ne sont que manifestation « conscientielle » et non séparées.

Au fur et à mesure de vos progrès spirituels vous décou­vrirez que l’unique source de l’univers est votre conscience. Il vous est actuellement impossible de percevoir cela parce que vous demeurez prisonnier des griffes de l’intelligence rationnelle. Tout ce qu’il vous est possible d’amasser aujour­d’hui relève de votre identité au corps, il s’agit d’un savoir erroné. Lorsque vous posséderez le savoir concernant « ce que vous êtes », vous verrez clairement que le monde et l’univers résident dans cette miette de conscience qui est votre. À ce stade vous aurez transcendé le sentiment d’être un corps pen­sant, tandis qu’aujourd’hui tout ce que vous êtes capable de comprendre se trouve limité, parce que prenant appui sur une conviction fausse.

Lorsque vous percevez le monde intérieur à l’extérieur, vous le baptisez « rêve ». Mais ce monde est-il différent perçu à l’intérieur ? Ce qui est perçu à l’intérieur est contenu dans le sentiment « je suis » au sein de la conscience. Le même processus se reproduit exactement dans l’état de veille.

Votre conscience, le sentiment d’être « présent » est la gousse, la coque à l’intérieur de laquelle se déploie le monde de veille et du sommeil. Voilà l’état des choses, mais cela aussi vous l’acceptez au travers du corps ! Tout ce que vous enre­gistrez est mesuré au mètre faussé de votre intelligence et vous ne pouvez rien distinguer au-delà. Le visible est un produit de l’espace et quand tout le visible a disparu, l’espace demeure. Quand votre monde surgit de cet espace et se concrétise, pour votre commodité vous lui attribuez des noms variés vous per­mettant de poursuivre vos activités quotidiennes, mais en fait aucun de ces noms n’a de réalité. Cette création est permanente, éternelle et ne possède aucune forme ou individualité valide. Tout ce qui est n’est simplement que manifestation au-delà de toute connaissance. Percevoir, savoir, n’est possible qu’au moyen des sens humains limités. Le manifesté qui les trans­cende ne peut pas être connu. Parvenir à comprendre cela exige la pratique du « Jnan-Yoga », c’est-à-dire le « je » se laissant absorber par lui-même. Le « Jnan-Yoga » signifie chercher, interroger. « Comment cette présence à « je suis » se produit-elle » ? Découvrir que ce sentiment « je suis » et « l’univers » ne font qu’un est l’aboutissement du Jnan-Yoga, la connaissance « je suis » s’enfonce, sombre en elle-même. Seulement voilà. Comme vous voulez conserver intacte cette personnalité pensante, ça ne marche jamais !

Quand le sentiment d’être apparaît il n’a aucunement l’impression d’être un corps ! C’est de ce sentiment d’être qu’est créé le cosmos tout entier. Au sein de cette création vous disposez également d’une forme, mais vous n’avez nul besoin de vous identifier à elle en tant qu’entité fonctionnant et se déplaçant indépendamment dans le monde. Le principe qui anime et propulse le corps est uniquement cet être, cela ne provient pas du corps. Ce grand spectacle cosmique se déroule dans la conscience et à la fin tout se dissoudra dans cette seule conscience. Méditez là-dessus sans vous identifier au corps et vous, conscience, découvrirez que vous soumettre à cette identité de forme humaine est l’action de Mâyâ, l’illusion.

Cette conscience est donc la graine, le principe germinatif du cosmos tout entier comprenant force vitale dynamisme, Gunas, qualité d’être, et prâna. La conscience possède la faculté de ressentir que « vous êtes ». À son apparition, la conscience est libre de toute identification. Mais bien qu’il s’agisse sim­plement du principe universel de manifestation, son identifi­cation au corps lui fait éprouver plaisir et souffrance. La conscience se connaît seulement au travers d’elle-même. Bien rare est celui qui découvre que cette manifestation tout entière jaillit de ce qui est « lui-même ».

Le « je » s’absorbant en lui-même est un état sans nom et sans forme, c’est le plus haut niveau de la spiritualité. La sensation d’avoir une personnalité et des besoins est res­sentie comme primordiale, antérieure à tous les yogas, mais après avoir pratiqué le Jnan-Yoga vous vous découvrirez au-delà de tous besoins, au-delà de toute individualité. Les experts de Kundalinî-Yoga se complaisent dans les visions et les pouvoirs obtenus par leur ascèse, mais il ne leur est pas possible d’expliquer la source de l’énergie Kundalinî !

Je suis bien d’accord, il faut atteindre le niveau le plus haut, mais vous avez précisé que cette êtreté jaillit spontané­ment du niveau élevé. À notre niveau corps-intellect nous sommes donc au seuil d’un mystère total !

Qu’est-ce que vous incite à parler de niveaux… à vouloir atteindre le plus haut niveau ? Le niveau n’est qu’un concept. C’est à la suite de la séparation avec le haut qu’apparaît le principe premier « je suis » et après lui tous les autres concepts. Séparation signifie dualité, altérité.

Je croyais vous avoir entendu dire qu’au niveau ultime il régnait une indifférenciation totale. Existe-t-il encore un sentiment « je suis » ?

De la non-connaissance apparaît la connaissance, celle-ci doit être découverte. Lorsque nous parlons, il nous faut rechercher d’où naît ce langage. Il jaillit à partir du sentiment « je suis », mais quelle est la source de « je suis » ? Ici en fait je ne parle pas. Quand la parole se prononce intuitivement on peut dire qu’elle s’exprime toute seule. L’événement initial est de se rappeler « je suis », de ce rappel coule le langage. Donc, quel est ce « je suis » ?

Dans ce rappel initial « je suis », ne l’oubliez pas, existe votre corps et le cosmos tout entier. Toutes les formes sont créées et nourries par l’essence de la matière, mais l’évidence de son être est la quintessence Sattva-Guna du corps. Qui éprouve cet être et d’où vient-il ? Il faut patiemment chercher au fond de soi jusqu’à ce qu’on trouve. Quand c’est fait, lorsque vous vous êtes nécessairement fixé sur le constat « je suis », se produit une surprenante révélation. Vous découvrez que du sein de ce grain d’être initial se projette la totalité de l’univers, votre corps inclus. Ce principe suprême et omnipo­tent, sans corps et sans forme, s’accroche à ce corps qui lui fait éprouver « je suis » et instantanément il adopte cette fausse identité corporelle. Il se cramponne à cette forme avec une telle rapidité qu’il se différencie et l’existence indépendante et libre devient alors difficilement perceptible.

L’essence de l’être, qui est ce bourdonnement intérieur « je suis », est la condition préliminaire indispensable à tout fonctionnement du corps. Ce sentiment devient confus lorsque la personne est malade et elle ne réagit plus lorsqu’on lui fait signe ou qu’on l’appelle.

Devrait-on dormir le plus souvent possible afin de faire l’expérience du « je suis » au moment du réveil ?

Ce contact avec « je suis » n’est pas une expérience ou une découverte effectuée par le corps pensant. C’est ce « je suis » qui permet au corps et aux sens de fonctionner et de faire l’expérience de ce qui l’entoure.

Vous êtes quelqu’un de cultivé, comprenez donc bien ceci. Croire que vous allez mourir prouve que vous demeurez iden­tifié à votre corps et que le sentiment « je suis » ne s’est pas absorbé en lui-même. Cela démontre également que vous n’atteignez pas de Jnan-Yoga et donc que votre bagage spiri­tuel sent un peu mauvais. Vous revendiquez comme représen­tant ce que vous êtes : un corps, alors que vous êtes uniquement la connaissance manifestée « je suis ». C’est cela qui sent mauvais ! Nous parlons beaucoup de la mort, dernière extré­mité de la vie, mais le commencement, la naissance, pourquoi ne pas en parler ? Avant cette naissance, vous avez été porté pendant neuf mois par votre mère. Durant cette période possédiez-vous le « humka », le bourdonnement de l’être ?…

Juste après la naissance, cet être habitant dans le corps ne se ressent pas concrètement, il lui faut quelques mois avant de commencer à se reconnaître. Plus tard encore l’enfant s’exerce à distinguer quelques objets : son corps, sa mère et aussi les sons, les mots. À ce stade, sa mère lui apprend son nom et quelques autres idées. Vous connaissiez-vous dans le ventre de votre mère en tant que fœtus ?

Non, mais la conscience était néanmoins déjà à l’intérieur de cette forme !

Se connaissait-elle durant les neuf mois de la gestation ?

Mais elle était là !

Que cherchez-vous à prouver ? La conscience est partout, elle est dans les fleurs, dans vous et moi, elle est partout.

Bien, bien, j’ai compris !

Qu’avez-vous compris ?

Qu’il n’existe que la conscience, rien d’autre.

Ce n’est pas cette compréhension là que je souhaiterais. La compréhension correcte apparaîtra lorsque vous aurez pris conscience que tout ce que vous avez compris jusqu’ici n’a aucune valeur. L’accomplissement du Jnan-Yoga rend tout ce qui avait été compris jusque-là irréel. Les soi-disant sages se grisant de leurs pouvoirs et des honneurs qui leur sont rendus ne sont pas pleinement réalisés parce qu’ils ne sont pas complè­tement établis dans l’être.

Un petit enfant en qui régnait la plénitude est nourri d’idées, il est semblable à l’écran vierge de la télévision qui néanmoins projette des images venues de l’extérieur. Le principe-enfant, qui est la conscience, est engendré comme à la suite d’un processus chimique. J’aime désigner la conscience comme la matière première, l’élément chimique primordial. Mais « Vous », ayant atteint le point le plus haut, n’êtes pas cet élément primordial au sein duquel se développent les souffrances du monde.

Supposons que vous soyez centenaire. Qui s’attache à la mémoire de ces cent années ? L’élément de base ! C’est exactement comme cette photographie de mon guru sur le mur. Qu’est-ce qui maintient l’image de mon guru ? C’est le support chimique de la photographie ! Dans le corps, cet élément primordial maintient cette identité et assume les diverses acti­vités sensorielles. Je nomme l’expression de cet élément « mécanique ».

Mais les éléments chimiques de la photographie n’auraient pas pu fixer l’image de votre guru s’il n’avait pas été là !

De quoi est fait ce guru, où serait cette mémoire « je suis » et l’élément premier si l’ultime, l’Absolu, n’était pas présent ? Seule l’existence éternelle de l’Absolu permet l’apparition de la conscience et de ce spectacle cosmique. Cet immense jeu théâtral se déroule donc sur une scène créée par la conscience.

Est-ce la conscience universelle qui a pris la forme de Maharaj ?

Cette bribe de conscience a pris la forme de la conscience universelle. Son image est l’univers entier. C’est cette pointe d’épingle de conscience qui dans le sommeil profond se déploie en univers de rêve.

Cela veut-il dire que vous appartenez aussi à mon univers de rêve ?

Avant de vous référer à moi en tant que « vous », trouvez ce qu’est ce « vous »… Votre question s’est retournée comme le boomerang allant frapper celui qui l’a lancé ! Alors, « vous », qu’est-ce que c’est ? J’ajoute que je ne suis pas ce corps, je ne suis même pas cet élément premier.

Cet élément de base, ou conscience, est également appelé Mahâ-Tattva, Mûlmâyâ, Hiranya-Garbha, Brâhma-Sûtra, etc. Mais la somme de tout cela est cet Atma-Prem, l’amour de l’état d’existence, l’amour de son être. Celui qui comprend et devient ce Mahâ-Tattva est appelé Mahâtma.

Vous pensez pouvoir prétendre au statut de Jnâni, mais penser n’est que le fait des ignorants !

Être éveillé à la présence de « cela » semble donc être le plus haut état que l’on puisse définir. Cette présence paraît être au-dessus de la compréhension de « je suis » ?

Oui, à la condition que cette présence n’éprouve plus « je suis ». La connaissance de l’univers entier se fond dans cet état élevé. Toutes les manifestations qualitatives sont réunies dans cet état appelé Bhâgwan. Tous les titres et tous les états extraordinaires suggérés par ces titres, fusionnent et se perdent dans cette vacuité. Ishwara y devient Vischwa-Vishâya et la manifestation universelle, Nirvishâya, c’est-à-dire l’unique, celui qui n’a pas d’objet.

Ceci ne peut être absorbé que par les chercheurs brûlant du désir de connaître leur véritable nature. Toutes les informations que je puis vous fournir concernent uniquement cette trace de conscience ayant accouché de cet univers manifesté. De plus, moi, Absolu, ne suis pas cette trace, cette miette, mais je ne puis fournir aucune information sur moi. Il y a eu tant de dissolutions du cosmos, tant d’éons se sont succédé et malgré tout cela, moi, Absolu, demeure intact au sein de mon royaume éternellement paisible !

Si l’on vous demandait ce que vous étiez il y a cent ans vous répondriez « je n’étais pas », ce qui veut dire « je n’étais pas comme ceci, pas comme le « je suis » actuel. » Mais com­ment vous serait-il possible de répondre « je n’étais pas ainsi » ? Celui qui sait cela devait être présent ! Celui qui se tenait là il y a plus de cent ans n’était pas semblable au « je suis » actuel mais il était là, et est là en ce moment !

Il est ce « je », l’Absolu.

Allez-y, utilisez n’importe quel mot, n’importe quel concept et faites-vous plaisir… ! Réfléchissez plutôt, méditez là-dessus : où étiez-vous il y a cent ans ?

Pourquoi ne pas vous intéresser au moment de la concep­tion et à ce qui s’est produit ensuite ? Au lieu de cela vous êtes constamment à l’affût de biens spirituels et matériels à acquérir, ce qui ne vous aidera en rien !

Dans l’essence de toutes les nourritures ce Swarâya, pou­voir de connaître, et Prarâbdha, destinée, sont déjà présents mais en sommeil. Et la quintessence des boissons et aliments est ce sentiment d’être, ce contact, cette connaissance « je suis ».

Mais ce principe pourrait-il exister en l’absence de prâna ?

Qui pourrait être en l’absence de prâna ?

Est-il dans la fleur ?

Il est dans la fleur, il est même dans la couleur de la fleur, il est partout… ! Après avoir écouté ces explications que va-t-il se passer ? Celui qui comprend, qui absorbe ce que je dis, arrivera à la conclusion que tout ce qui est vu, entendu, expéri­menté, acquis, est totalement inutile. Même son propre contact avec « je suis » va se révéler superflu et sera transcendé. Finalement il ne demeurera personne, simplement Viskham Para-Brahman, état Absolu éternel et sans désir. Mais nous continuons nos ascèses, les disciplines de la dévotion à un dieu, les pénitences, le Japa, etc., afin de nous emparer de quelque chose de spirituel ! Pourtant si notre souhait se réalise ce sera Niskham Para-Brahman, vacuité, ce qui prouve que tout cela est superflu. Même le plus haut est inutile au plus haut. Cet état est également appelé Purna-Brahman, Para-Atma, Parama Ishwara. À présent retournez à la veille de votre conception, cela aussi est le Purna-Brahman, il n’y avait alors aucun besoin de quoi que ce soit.

J’essaie de suivre mes pensées et mes émotions et je décou­vre qu’elles changent continuellement, mais je sais que ce chan­gement a lieu devant le sans-changement. Est-ce que cette manière de procéder va se révéler utile ?

Oui, ce sera utile mais… Intellectuellement, tout ça est très bien, mais la pensée n’a aucune réalité. Qu’entendez-vous par le sans-changement ? Quand pourra-t-il exister de sans-changement ? Seulement quand vous aurez perdu cette notion « je suis », quand le sentiment d’être se sera entièrement dis­sout en lui-même ! N’étiez-vous pas dans cet état sans change­ment la veille du jour de votre conception ? À partir de votre sentiment d’être un corps-pensant tout ce que vous observez se présente en tant qu’entités séparées : moi, vous, nous, eux ! Mais pour l’immuable Absolu tous ces mouvements, ce jeu de la terre et du cosmos, se produisent dans la cellule de l’être. Qu’est-ce qui est demeuré inchangé en vous depuis votre enfance ? Aucune de vos identités n’est stable, observez-le !

Il me semble que le principe « je » ne change pas, me suis-je trompé ?

Votre principe « je » n’a toujours pas compris ! Ce prin­cipe « je » est produit par la danse des cinq éléments en per­pétuelle mutation, comment pourrait-on attribuer à ce qui est immuable cette qualité de s’éprouver « je » ? Dans l’Absolu il n’exige aucun champ d’activité, aucun espace dans lequel les cinq éléments puissent jouer, il s’agit d’un état sans attribut. Croyez-vous que si l’Absolu était en contact avec « je » il se donnerait la peine d’entrer dans un corps ?

Quand je médite mon attention se porte sur la conscience en elle-même. Mais j’ai découvert qu’étant éveillé à cette pure conscience je ne pouvais pas être elle.

Vous avez une bonne formation spirituelle, vous parlez de la « pure conscience » qui est la manifestation en effusion présente en toute chose. C’est au sein de cet état que l’on devient témoin. Vous parviendrez par la méditation à totale­ment oblitérer la mémoire ou la non-mémoire de la manifes­tation et du sentiment d’être. Tant que le Guna « sentiment d’être » est présent, l’état témoin se prolonge. L’établissement dans l’état de non-témoin est l’état Advaïta, le plus haut. Donc toute expérience doit être absorbée, avalée, y compris le sen­timent d’exister qui est l’expérience primordiale.

Comme je l’ai dit tout à l’heure, quand je suis éveillé à cette pure conscience je suis assez indépendant du corps et des circonstances et je ressens que, « je suis », Absolu, est l’origine de cette conscience derrière laquelle, « Je », Absolu, se maintient dans un silencieux repos.

Vous parlez de la conscience, alors indiquez-moi la cause de cette conscience ? De quoi est-elle le résultat et l’aboutisse­ment ?

La conscience est l’aboutissement de la nourriture.

Oui, dans l’essence de la nourriture, dans cette qualité ou Guna, réside ce sens du « je suis ». Mais comprenez bien que vous ou moi ne sommes pas ce Guna du point de vue de l’Absolu. Nous, Absolu, posons en tant que « je suis », mais ne sommes même pas cet élément de base « je suis ».

Plus tard durant ma méditation il me semble m’écarter de cet état d’éveil à la pure conscience et retomber dans l’exis­tence corporelle et mentale. C’est sur ce point que je vous demande votre aide.

Ne faites rien, absolument rien, simplement « soyez » ! Soyez simplement cette évidence : « je suis », accrochez-vous là ! Pour bien vous imprégner de cela méditez uniquement sur l’être. Emparez-vous de la connaissance « je suis » par la médi­tation. Par ce processus se produira la révélation de ce que « Je », l’Absolu, ne suis pas le Guna « je suis ».

Rien donc, ne doit être conservé durant la méditation, aucune mémoire. Quand malgré tout quelque chose apparaît sur l’écran de cette mémoire n’en soyez pas concerné. « Soyez » simplement, ne faites rien.

Abstenez-vous de vous relier à quoi que ce soit pendant la méditation. À partir du moment où vous le faites, la dualité se manifeste et un « autre » surgit. Si vous demeurez en ne faisant absolument rien, toutes les énigmes seront résolues et dissoutes. Mulmâya, l’illusion initiale, relâchera l’emprise qu’elle a sur vous et disparaîtra.

Dans la spiritualité il n’existe ni perte, ni profit et pas davantage naissance et mort. Vous n’avez de toute façon aucune expérience directe de la naissance. C’est quelque chose ressemblant à l’incident de Calcutta, ce vol qui s’est produit à Calcutta et dont moi, ici, à Bombay je serais accusé. On m’accuse, non seulement de cette naissance, mais de centaines d’autres auparavant. Je ne suis conscient d’aucune naissance, seuls mes parents, que je ne connaissais pas, m’imputent cette naissance.

Après ces révélations n’avez-vous pas honte d’accepter l’accusation d’être né ? J’ai pu être délivré de toutes ces charges imaginaires lorsque j’ai rencontré le Sat-guru qui a allumé la torche de la sagesse et m’a révélé ma véritable nature en tant que « je suis le non-né » ! Dans le royaume du non-né il n’y a pas de place pour le « je suis », pas plus que pour le soleil, la lune, les étoiles ou le cosmos.

Traduit de l’anglais par Paul VERVISCH.

Les flêches de l'éveil et d'Absolu

Publié le 17/06/2014 à 17:22 par absolultime Tags : monde pensées vie mort nature film écran image fond soi

-Il n'y a rien à pratiquer. Pour vous connaître, soyez vous-même. Pour être vous-même, cessez d'imaginer que vous êtes ceci ou cela. Soyez seulement. Laissez votre vraie nature émerger. Ne troublez pas votre mental par la recherche. Regardez-vous, regardez votre propre existence. Vous savez que vous êtes et vous aimez ça. Rejetez toute imagination, un point c'est tout. Ne comptez pas sur le temps, le temps c'est la mort. Celui qui attend meurt. La vie n'est que maintenant. Ne me parlez pas de passé ou de futur - ils n'existent que dans votre mental

-Sur l'écran de cinéma, les silhouettes se déplacent continuellement, elles ne peuvent pas faire autrement, c'est sur le film. Elles ne décident rien, le film se déroule. Mais qu'est-ce qui rend possible les silhouettes sur l'écran ? Est-ce le seul déroulement du film ? Non, c'est la lumière qui le traverse, la lumière qui est derrière. Pour vous c'est la même chose, votre réalité est uniquement d'être lumière, d'observer le film dont le déroulement produit les événements du monde. Soyez cette source-lumière derrière la conscience

-Il ne se passe rien - personne n’est esclave – et par conséquent il n’est pas question de libération. C’est seulement parce qu’on se pense en tant qu’individu qu’on conçoit la servitude et la libération.
Tout ce que vous avez pensé jusqu’ici dans ce bas-monde ne sert absolument à rien.

-Supposons que je n’aime pas mon corps-esprit, ou mon souffle vital – qu’y puis-je ? Le corps est là, le souffle vital aussi, par conséquent le « Je suis » est là aussi. Ils fonctionnent d’eux-mêmes, pourquoi est-ce que je m’en soucierais ? La conscience fait son numéro, laissons-la

-Les pensées vont et viennent, mais celui qui a la connaissance, ne se sent pas concerné.
Les pensées arrivent dans la conscience ; l'observation aussi se produit dans la conscience. Il faut vous convaincre que vous êtes cette conscience. Une fois que c'est bien établi, il n'y a plus rien à faire ; laissez cette conscience faire ce qu'il faut faire. Tout ce qui arrive, arrive automatiquement.

-J'étais là, j'étais un, même pas conscient de ma conscience, et voilà que d'un seul coup cette conscience surgit.

-Vos pensées sur l'individualité ne vous appartiennent pas en propre ; elles sont collectives. Vous opinez que c'est vous l'individu qui a ces pensées; en fait elles viennent de la conscience.
Quand notre spiritualité se développe, notre identification à l'individualité corps-esprit diminue, et notre conscience atteint la conscience universelle. La force vitale continue, mais ses pensées et ses actions ne sont plus limitées à un individu. Elles deviennent une expression du tout. C'est comme le vent : il ne souffle pour personne en particulier.

-Il n’y a pas à rechercher le maintenant ou quoi que ce soit mais à être éveillé, attentif à sa propre conscience, c’est tout. La conscience doit être consciente de sa faculté de prendre conscience. Rien n’est à faire, aucun acte particulier à accomplir. Parler d’abandon est simplement une manière d’exprimer cela. Vous êtes pure présence consciente, vous l’êtes et vous n’avez pas à vous le répéter avec des mots. Gardez-le au fond de vous-même. Rappelez-vous toujours : la conscience est toutes choses, tout, pour tout être pensant. S’il n’y a plus de conscience le monde n’existe plus. C’est conscience est avec nous à tous les moments de notre existence. Cette connaissance n’a pas d’aspect ou de forme, elle est semblable à la lumière, la lumière de la vraie connaissance, elle est de la nature de l’amour. Comprenez bien que cette conscience n’est pas représentée par le corps, qu’elle est seulement lumière.
La lumière révélant l’existence, voilà votre véritable nature et ne demandez pas « qui sont les parents de la lumière », elle est là et c’est tout.
La lumière est la découverte « je suis ». C’est l’aboutissement du corps-essence-de-la-nourriture. Ce « je suis » est la condition indispensable pour que le monde apparaisse à l’existence, dans son image est contenu tout le reste. Observez, percevez, regardez ce « je suis » sans l’œil physique. Cette conscience précède la vue. En dehors de cette certitude « je suis » que pouvez-vous posséder d’autre ?

-Vous avez la certitude d’être. Cette connaissance devient plus tard non-connaissance, ce qui est l’ultime prolongement de la connaissance. Comparons ceci à l’eau. Vous avez un récipient d’eau, vous la voyez, vous la touchez. Elle s’évapore et il n’y a plus rien. Vous pensez probablement qu’elle est détruite mais il n’y a pas eu de mort, pas eu de destruction. L’eau n’est pas annihilée, elle est devenue nuage, abondance, fertilité.

-Ce que vous êtes est sans forme, ne peut pas être observé, vous ne pouvez pas le savoir. Vous ne pourrez jamais “connaître” le Soi. Vous devez “être ça” et en rester là, ne plus en bouger.

-La connaissance que l’on peut posséder est un ramassis d’ignorance.
Ce qui est, avant la connaissance, Cela est la Vérité.

-Quoi que vous ayez pu comprendre n'est pas la vérité et vous devez le jeter par dessus bord.Ne vous efforcez pas de vous emparez de quelque chose et de vous y accrocher...!

 

 

Courage Amour et Absolu

Publié le 17/06/2014 à 17:20 par absolultime Tags : vie monde amour soi

Q: La conviction ? je suis Cela ? est-elle fausse ?



M: Bien sur. La conviction est un etat mental. Dans le ? Cela ? il n’y a pas de ? je suis
?. Quand emerge la sensation ? je suis ? le ? Cela ? rentre dans l’ombre comme les
etoiles sont balayees du ciel par le lever du soleil. Mais de meme qu’avec le soleil vient
la lumiere, avec la conscience du soi vient la beatitude (chid-ananda). On cherche la
cause de la beatitude dans le ? non je ?, ainsi nait l’alienation.



Q: Etes-vous, dans votre vie quotidienne, toujours conscient de votre etat reel ?



M: Ni conscient, ni inconscient. Je n’ai pas besoin de convictions, je vis de courage.
Le courage, qui est amour de la vie, est mon essence. Je suis libre de souvenirs et
d’anticipations, je ne suis pas concerne par ce que je suis ou ne suis pas. Je ne me
laisse pas aller a l’auto-description : soham et brahmasmi ( ? je suis Lui ?, ? je suis le
Supreme ? ) ne me sont d’aucune utilite j’ai le courage d’exister comme rien et de voir
le monde tel qu’il est rien. Cela parait simple, mais essayez !



Q: Mais qu’est-ce qui vous donne ce courage ?



M: Que vos opinions sont faussees Le courage doit-il etre donne ? Votre question
implique que c’est l’anxiete qui est la norme et le courage anormal. C’est l’inverse.
L’anxiete et l’espoir sont les fruits de l’imagination ? je suis libere des deux. Je suis
ETRE pur et je n’ai besoin de rien sur quoi m’appuyer.

 

Nisargadatta Maharaj

Regardez au dedans et voyez

Publié le 17/06/2014 à 09:19 par absolultime Tags : nature pensée

Vous serez libre quand vous réaliserez que la Pure Conscience qui écoute maintenant est votre vraie nature.

 Ici, en cet instant, vous êtes dans cet état réalisé, mais vous vous efforcez de le constater au travers de vos désirs et de vos concepts mentaux, ce qui explique votre incapacité de le voir et de vous abîmer en lui.

 Il n’est pas question d’atteindre cet état. Vous êtes l’état suprême.

 

L’Absolu, le présent-à-jamais, est votre véritable identité. C’est cela que nous sommes tous réellement. C’est cela la réalité. Elle est ici et maintenant. Où est-il question de quelqu’un atteignant cette réalité ?

 Le désir de liberté, qui naît dans le cœur du chercheur au début du chemin, disparaît peu à peu lorsque celui-ci réalise qu’il est lui-même ce qu’il cherchait.

 Pratiquer une sadhana signifie présumer de l’existence d’un fantôme. Qui va pratiquer la sâdhana, et dans quel but ? Ne suffit-il pas, devant le faux, de voir sa nature de faux ? L’entité que vous pensez être est factice, est le faux. Vous êtes la réalité.

 On s’imagine qu’on doit d’une façon ou d’une autre se transformer, passer du stade d’être humain imparfait à celui d’être humain parfait appelé Sage. Si seulement on pouvait voir l’absurdité de cette idée ! Celui qui pense ainsi n’est lui-même qu’un concept, une apparition, un personnage dans un rêve. Comment un pur fantôme pourrait-il s’éveiller d’un rêve en se perfectionnant ?

 Tout autre effort, tout autre action volitive, ne sera non seulement d’aucune aide, mais constituerait une entrave et un danger.

 C’est là que réside tout le malentendu – penser que vous êtes une entité qui doit effectuer quelque chose afin de devenir semblable à l’entité que vous pensez que je suis ! C’est cette pensée-là, l’identification à une entité, qui constitue « l’attachement » - et rien, absolument rien d’autre que la désidentification ne pourra engendrer la « libération ».

 

Vous êtes ce que je suis ; mais vous vous êtes identifiés à ce que vous pensez être – un objet – et vous recherchez la libération de cet objet. N’est-ce pas là une gigantesque farce ? Un objet peut-il avoir une existence indépendante et décider de ses actes ? Un objet peut-il être attaché ? Et libéré ?

 Vous n’êtes pas prêts à accepter ma parole qu’il n’existe rien de tel qu’un « individu » ; que « l’individu » n’est qu’une apparition ; qu’une apparition ne peut souffrir d’aucun « attachement » et, par conséquent, qu’il ne saurait être question d’une quelconque « libération » pour une apparition.

Réalisez-vous que la base même de votre recherche est fallacieuse – que pouvez-vous faire ? Et y a-t-il quelque chose à faire ? Par qui ? Par une apparition ?

 

Quoi que vous cherchiez à savoir sur votre condition véritable, cela est inconnaissable, parce que vous êtes ce que vous cherchez.

 

 Voyez ce que vous êtes. Ne le demandez pas aux autres, ne les laissez pas vous parler de vous. Regardez au dedans et voyez."

Nisargadatta Maharaj

 


 


"Maharaj : La réalisation, c’est réaliser le fait que vous n’êtes pas une personne. Ce ne peut donc pas être le devoir de la personne dont la destinée est de disparaître. La destinée est le devoir de celui qui s’imagine être une personne. Découvrez qui il est et la personne imaginée se dissoudra. La liberté est toujours de quelque chose. De quoi serez-vous libéré ? Il est clair qu’il faut que vous vous libériez de la personne que vous prenez pour vous car c’est l’idée que vous avez de vous-même qui vous retient dans les liens.

Q: Comment supprime-t-on la personne ?

M: Par la détermination. Comprenez qu’elle doit disparaître et qu’elle peut le faire - elle disparaîtra si vous y mettez suffisamment de sérieux.  Quelqu’un, n’importe qui, vous dira que vous êtes pure conscience (consciousness) et non l’assemblage d’un corps et d’un mental. Acceptez-le comme une possibilité et examinez-le avec application. Vous pouvez découvrir que cela est vrai, que vous n’êtes pas une personne liée par l’espace et par le temps. Pensez à la différence que cela ferait !

Q: Si je ne suis pas une personne, alors, que suis-je ?

M: Votre nature réelle est tellement différente de ce qu’elle paraît être ! Abandonnez l’opinion que vous êtes une personne, c’est tout. Vous n’avez pas besoin de devenir ce que, de toute façon, vous êtes. Il y a l’identité de ce que vous êtes et il y a la personne qui lui est sur-imposée. La seule chose que vous connaissez, c’est la personne ; l’identité - qui n’est pas une personne - vous ne la connaissez pas parce que vous n’avez jamais douté, parce que vous ne vous êtes jamais posé la question primordiale : « Qui suis-je ». L’identité est le témoin de la personne et la sadhana consiste à transférer l’importance accordée à la personne superficielle et changeante, au témoin immuable et éternellement présent."

Pourquoi suis-je né ?

Publié le 07/06/2014 à 09:19 par absolultime Tags : vie monde homme femme mort dieu nature air extrait


 

Extrait de "Sois" de Nisargadatta Maharaj

Visiteur :
Pourquoi suis-je né?

Maharaj :
Il est dans la nature de la conscience de se manifester. Il n'y a pas de cause. Le soleil se lève pour éclairer ses planètes, c'est dans sa nature.
Si vous adorez profondément ce « je suis », vous conquerrez tous les pouvoirs sur la manifestation mais je ne vous conseille pas d'entrer dans ce circuit.
La conscience agit à travers le corps, elle a des millions de formes et la toute puissance.
Vous êtes l'ensemble de tout ce qui existe mais votre orgueil conditionne cette splendeur aux dimensions de votre' corps et vos convictions vous limitent à des formes illusoires.

Visiteur :
Est-ce que croire en Dieu n'est pas une façon d'échapper à cet orgueil?

Maharaj :
Avoir une foi religieuse n'est qu'une complaisance émotionnelle. Croire à la naissance et à la mort également. Chacun n'est guidé et n'agit que par ses émotions. Tout ce que l'on cherche à exprimer est émotionnel.
Ne faites rien, soyez. La méditation n'est rien d'autre. Demeurez ancré immuablement dans la conscience d'être. N'ayez aucune connaissance de quoi que ce soit. Soyez. Cela est.la parfaite méditation.
Que peut-on utiliser d'autre que la conscience pour s'ancrer dans la conscience ? Vous êtes le thème même de méditation de votre conscience.
Si vous ne pouvez arriver à abandonner l'idée que vous allez mourir, alors acceptez cette révélation : vous êtes l'ensemble du manifesté.

Visiteur :
Comment me stabiliser dans la conscience?

Maharaj :
Il n'y a de stabilité que dans le sans forme. Dès qu'il y a un aspect, une couleur, l'esprit est sollicité et il se limite. Dans le social c'est cela que l'on veut : du changement, des aspects variés, du mouvement. Tout cela est du jeu, du passe-temps.
La conscience est en toutes choses, elle peut être perçue en tous objets car c'est elle qui maintient leur subsistance. La conscience est vécue et s'exprime à travers la totalité des formes mais elle n'est qu'une.
Le feu, l'air, l'eau, peuvent-ils être réduits à une forme?

Vous avez actuellement compris tout ce qu'il y avait à comprendre, vous ne devez pas rester ici plus longtemps.
Attention, qui êtes-vous ? Brahma, mais l'habitude du corps est toujours là ! J'estime néanmoins qu'à présent vous devez pouvoir vous appuyer sur la manifestation Brahma que vous êtes. Si, après avoir écouté tout ce qui a été dit pendant ces journées, vous persistez à vous relier au corps et à être stimulé par la vie du monde, c'est votre affaire mais ce sera un grand gâchis, une grande erreur. Branchez-vous sur votre manifestation en tant qu'être.

Il est facile de ne plus s'identifier au corps : observez le corps, observez la force vitale du souffle. Si vous pouvez l'observer, c'est que vous en êtes distinct. Comme plus tard observant la conscience vous serez au-delà de la conscience. Mais, tout d'abord, soyez un avec cette conscience. Vous ne pouvez en aucun cas vous confondre avec ce déguisement qu'est le corps. Se stabiliser dans la conscience entraîne la renonciation spontanée au physique et au matériel. J'insiste, un renoncement non délibéré, survenant de lui-même.

Vous croyez tous à votre vie individuelle bien qu'elle soit illusoire. Voyez donc, ce que vous considérez comme vrai change continuellement !

Pouvez-vous m'indiquer une seule chose constante? Seul le sens d'être existe mais vous ne parvenez pas à vous en rendre compte parce que tous vos points de comparaison sont eux-mêmes changeants. Seul, « je suis », quoi que vous fassiez, demeure nécessairement là, identique à lui-même.

Le « je suis » est l'âme de tout l'univers. Il est dans le ver, dans le ciel, dans l'homme, partout.

Tout répète « je suis ». C'est le principe dynamique que l'on s'efforce de tuer en le limitant au corps mais il est immortel.
Vous avez compris, il ne faut plus revenir. Vous savez sans hésitation ni doute, sans nécessité de réflexion, que vous n'êtes pas une femme. Vous le savez, même en rêve. Donc, vous devez savoir aussi spontanément que vous n'êtes pas ce corps.

La conscience seule accorde la conscience, adorez-la comme la forme la plus haute de vous-même.

Le Soi est Amour et l’Amour est le Soi

Publié le 05/06/2014 à 16:33 par absolultime Tags : monde amour roman amis femme mort dieu nature soi enfant éléments extrait

Entretien du 29 décembre 1976 (Notes)

 

 


Maharaj : La joie objective est contenue dans le Soi. J’ai établi une différenciation entre la connaissance transcendantale (pas de connaissance) et la connaissance objective. Vous devez seulement désapprendre la connaissance objective, elle voile la connaissance transcendantale qui, elle, en est le témoin.

La connaissance transcendantale demeure lorsque la connaissance objective est désapprise.

Vous êtes, et cela même est amour. L’amour que vous êtes, vous fait agir et quand cet amour est manifesté pour l’univers entier, c’est l’amour divin. Le fondement de tout amour est cet amour que vous êtes. Le principe Je suis est la base de tout amour. La conscience que vous êtes est donc le point de départ de l’amour, l’essence de l’Etre est amour. Votre vraie nature est le même amour transcendantal.

Lorsque vous vous êtes manifesté, la dualité est apparue, et vous avez ressenti de l’amour pour des noms et des formes particulières, mais il ne s’agit pas du véritable amour. Vous devez retourner à l’essence (le Soi) et, alors, seulement, vous êtes l’amour véritable. Quand vous êtes, à nouveau, cet amour vivant, les gens se prosternent à vos pieds et s’en remettent à vous.

Le Soi est Amour et l’Amour est le Soi. L’amour entre des corps, mâle et femelle existe, mais c’est le Soi sans forme qui est derrière ces corps, et donc, en réalité, c’est notre propre Soi que nous aimons. C’est pour étancher notre soif d’amour du Soi, que nous allons d’un endroit à l’autre. A moins que le Soi ne vous bénisse, vous continuerez à errer. Vous aimez le Soi, non pas que vous devez l’aimer, mais parce qu’Il est votre vraie nature, votre essence même.

Toutes vos activités dans ce monde : gagner de l’argent, la famille, les amis, les possessions, ont pour unique objectif cette joie ou cette paix. C’est, parce que vous êtes séparé du Soi, que vous êtes malheureux et misérable. Le monde apparaît dans votre lumière. Lorsque vous comprendrez cela, vous comprendrez, comment, l’illusion de ce monde peut apparaître, surajoutée à la Réalité.

Dans le monde objectif, nous nous réjouissons des choses et des événements, à travers la conscience (Je suis), qui n’est, elle-même, pas la Réalité. Mon état véritable est au-delà de cette conscience : ce n’est que lorsque je ne fais qu’un avec lui, que je peux obtenir une joie durable.

Dans le monde objectif, à peine une personne sur un million essaye d’obtenir cette joie durable et ne fait qu’un avec le Soi, toutes les autres poursuivent les objets de ce monde objectif et demeurent, à jamais, dans la misère et l’esclavage.

Une fois que vous connaissez le Soi, toute la joie objective y est contenue, vous n’avez donc plus besoin de rien ni d’aller nulle part. Pour connaître le Soi en vous, aimez-vous, et restez en vous-même. Bhakti (ou avoir de l’amour pour Dieu) est de nouveau la dualité. L’idée ou la conscience de Je suis est née dans le mental cosmique et n’est qu’une apparence, mais, la Vérité ou la Réalité ne renferme aucune idée – toute la cosmologie, les cinq éléments, etc. peuvent être rejetés. D’ailleurs, ils ne sont donnés qu’à titre de concept pour éliminer les fausses identifications.

Par l’intuition, vous obtenez l’idée de Je suis, elle est intérieure à Je suis , et la source des cinq éléments. La véritable naissance d’un enfant se situe lors de l’explosion des sentiments entre mari et femme, après cela, ils s’accouplent et l’enfant naît. Identiquement, ce sens du Je suis, est apparu dans la Conscience de la pure existence, et, de cette graine, est né le monde entier et tout l’univers. A partir de cette petite graine, des millions de formes apparaissent, pourtant, la Conscience pure n’est jamais née et bien que des millions d’objets en jaillissent, ils ne sont qu’apparence, il n’y a ni naissance, ni mort dans la Réalité.


Extrait de « Nisargadatta. Notes » de Mark West. Editions Charles Antoni / L’Originel. 2007

OSHO, vous avez dit une blague :D

Publié le 02/06/2014 à 22:24 par absolultime

Le monde, la Conscience, l'Unité, et l'Absolu

Publié le 25/05/2014 à 07:54 par absolultime Tags : vie moi monde homme bonne chez enfants fond femme mort mode heureux nature nuit soi voiture aimer livres lecture

Q: Je viens d’Angleterre et je suis en route pour Madras ou je dois rencontrer mon père pour rentrer avec lui à Londres, par la route. Je dois y étudier la psychologie. Je ne sais pas encore ce que je ferai quand j’aurai obtenu mon diplôme. Peut-être essaierai-je la psychologie industrielle, ou la psychothérapie. Mon père est médecin généraliste et il est possible que je suive la même voie. Mais ceci n’épuise pas ma curiosité. Il y a certaines questions qui ne changent pas avec le temps. J’ai entendu dire que vous aviez des réponses à ce genre de questions c’est pourquoi je suis venu vous voir.

M: Je me demande si je suis celui qu’il faut pour répondre à des questions. En ce qui concerne les choses et les gens, mon savoir est minime. Je sais seulement que je suis, mais cela, vous le savez aussi. Nous sommes égaux.

Q: Évidemment, je sais que je suis, mais je ne sais pas ce que cela veut dire.

M: Ce que vous prenez pour le « je » dans « je suis » n’est pas vous. Savoir que vous êtes, c’est naturel, mais savoir ce que vous êtes ne peut-être que le résultat de nombreuses investigations. Vous aurez à explorer la totalité du champ de la conscience, puis à la dépasser. Pour cela, il faut que vous trouviez un maître compétent et que vous créiez les conditions favorables à la découverte. D’une façon générale, deux voies s’offrent à vous une voie extérieure et une voie intérieure. Soit vous vivez avec quelqu’un qui connaît la Vérité et vous vous soumettez entièrement à ses directives et il son influence formatrice, soit vous cherchez le guide qui est en vous et vous suivez la lumière intérieure partout où elle vous conduit. Dans les deux cas, vous ne devez tenir aucun compte de vos désirs et de vos peurs personnels. Vous apprenez par le contact ou par l’investigation, par la voie passive ou par la voie active. Vous vous laissez emporter par le fleuve de vie et d’amour que représente votre Guru, ou bien vous faites vos propres efforts, guidé par votre étoile intérieure. Dans les deux cas, vous devez aller de l’avant, y mettre de l’ardeur. Rares sont ceux qui ont la chance de trouver quelqu’un digne de confiance et d’amour. La plupart doivent prendre la voie difficile, celle de l’intelligence et de la compréhension, de la discrimination et du détachement (viveka-vairagya). C’est la voie ouverte à tous.

Q: J’ai de la chance d’être venu ici : bien que je parte demain, un entretien avec vous peut transformer toute ma vie.

M: Oui, une fois que vous avez dit : « je veux trouver la Vérité », toute votre vie en est profondément affectée. Toutes vos habitudes mentales et physiques, vos sentiments et vos émotions, vos désirs et vos craintes, vos projets et vos décisions subiront une transformation des plus radicales.

Q: Une fois que je suis décidé à trouver la Réalité, que dois-je faire ensuite ?

M: Cela dépend de votre tempérament. Si vous êtes sérieux, quelle que soit la voie que vous choisirez, elle vous mènera à votre but. C’est le sérieux qui est le facteur décisif.

Q: Quelle est la source du sérieux ?

M: C’est l’instinct du foyer qui fait que l’oiseau revient à son nid et le poisson au torrent de montagne où il est né. La graine retourne à la terre quand le fruit est mûr. La maturité est tout.

Q: Et qu’est-ce qui me fera mûrir ? Ai-je besoin d expérience ?

M: Vous possédez déjà toutes les expériences dont vous avez besoin, sinon vous ne seriez pas venu ici. Vous n’avez plus à accumuler les expériences, mais plutôt à aller au-delà. Quels que soient les efforts que vous ferez, quelle que soit la méthode que vous suivrez (sadhana), cela ne fera qu’engendrer de nouvelles expériences, mais ne vous permettra pas de les dépasser. La lecture de livres, non plus, ne vous aidera pas. Ils enrichiront votre esprit, mais la personne que vous êtes restera telle qu’elle est. Si vous espérez retirer quelques bénéfices de votre recherche matérielle, mentale et spirituelle, vous vous êtes trompé. La Vérité ne donne aucun avantage. Elle ne vous confère aucun statut supérieur, aucun pouvoir sur les autres détenir la vérité et être affranchi du faux est tout ce que l’on gagne.

Q: La vérité vous donne certainement le pouvoir d’aider les autres.

M: Même si ce que vous dites est plein de noblesse, ce n’est qu’imagination ! En réalité vous n’aidez pas les autres parce qu’il n’y a pas d’autres. Vous divisez les hommes en nobles et ignobles, puis vous demandez aux nobles d’aider les ignobles. Vous séparez, vous pesez, vous jugez et vous condamner. - au nom de la vérité, vous la détruisez. Votre désir même de formuler la vérité la nie parce que les mots ne peuvent pas la contenir. La vérité ne peut être exprimée que par la négation du faux - en acte. Pour cela, vous devez voir le faux comme faux (viveka) et le rejeter (vairagya). La renonciation au faux est libératrice et génératrice d’énergie. Elle laisse ouvert le chemin de la perfection.

Q: Quand saurai-je que j’ai découvert la vérité ?

M: Quand l’idée : « Ceci est vrai, cela est vrai » ne se manifestera plus. La vérité n’assure pas qu’elle est par elle-même, elle est dans la vision du faux comme tel, et dans son rejet. Il est inutile de chercher la vérité tant que le mental est aveugle au faux. Il faut qu’il en soit complètement purgé avant que la vérité puisse se lever en lui.

Q: Mais qu’est-ce qui est faux ?

M: Ce qui n’a pas d’existence est faux.

Q: Qu’entendez-vous pur ne pas avoir d’existence ? Le faux est là, aussi solide que le roc.

M: Ce qui se contredit soi-même n’a pas d’existence, ou n’a qu’une existence momentanée, ce qui revient au même, car ce qui a un commencement et une fin n’a pas de milieu, est vide. Cela n’a que le nom et la forme que lui donne le mental, mais cela n’a ni substance ni essence.

Q: Si tout ce qui passe est dépourvu d’existence, alors l’univers non plus n’a pas d’existence.

M: Qui a jamais dit le contraire Bien sûr, l’univers n’a pas d’existence.

Q: Qu’est-ce qui en a ?

M: Ce qui existe sans dépendre d’autre chose. Ce qui ne se manifeste pas avec l’apparition de l’univers et ne disparaît pas avec sa disparition, ce qui n’a pas besoin de preuve mais communique la réalité à tout ce qu’il touche. Il est dans la nature du faux d’apparaître réel pour un instant. On pourrait dire que le faux est le père du vrai. Mais le faux est limité dans le temps et l’espace, il est le pouvoir des circonstances.

Q: Comment puis-je rejeter le faux et m’assurer du réel ?

M: Dans quel but ?

Q: Afin de mener une vie meilleure plus satisfaisante, pleine et heureuse.

M: Tout ce qui est conçu par le mental est faux parce que cela ne peut qu’être relatif et limité. Le réel n’est pas concevable et on ne peut pas l’atteler à un but. Il faut le désirer pour lui-même.

Q: Comment pourrais-je désirer l’inconcevable ?

M: Qu’y a-t-il d’autre qui soit digne d’être désiré D’accord, on ne peut pas désirer le réel comme on pourrait désirer une chose. Mais vous pouvez voir le non-réel comme tel, et le rejeter. C’est le rejet du faux qui ouvre la voie au vrai.

Q: Je comprends, mais qu’est-ce que cela donne, appliqué dans la vie de tous les jours ?

M: L’égoïsme et l’intérêt personnel sont le point focal du faux. Votre vie quotidienne oscille entre le désir et la peur. Examinez-la intensément, et vous verrez comment le mental assume d’innombrables noms et formes, comme une rivière écumant entre des rochers. Remontez la trace de tous vos actes jusqu’à leur motivation égoïste et observez cette dernière avec une attention soutenue jusqu’à ce qu’elle se dissolve.

Q: Pour vivre, il faut bien s’occuper de soi, gagner sa vie.

M: Pour vous-même, ce n’est pas nécessaire - mais vous pouvez avoir à le faire pour une femme, pour un enfant. Vous pouvez être contraint de continuer à travailler pour le bien d’autrui. Même se maintenir en vie peut être un sacrifice. Mais en aucun cas il n’est nécessaire d’être égoïste. Rejetez toute motivation dont l’objet est la recherche de votre intérêt personnel, dès que vous vous en rendez compte, et vous n’aurez pas à chercher la vérité, c’est elle qui vous trouvera.

Q: Nous avons un minimum de besoins.

M: N’ont-ils pas été satisfaits depuis votre conception ? Rompez le lien qu’est l’intérêt personnel, et soyez ce que vous êtes - l’intelligence et l’amour en action.

Q: Mais nous avons à survivre.

M: Vous ne pouvez pas vous empêcher de survivre Le « vous » réel est intemporel, il est au-delà de la naissance et de la mort. Et le corps survivra tant qu’il sera utile. Il n’est pas important qu’il vive longtemps. Il vaut mieux une vie bien remplie qu’une longue vie.

Q: Qui décide de ce qu’est une oie bien remplie ? Cela dépend de mon arrière-plan culturel.

M: Si vous voulez atteindre la réalité, il faut vous libérer de toute référence, de toute culture, de tout système de penser et de sentir. Il faut même rejeter l’idée que : « je suis un homme, je suis une femme, ou même, je suis un humain ». L’océan de la vie contient tout, pas seulement les humains. Aussi, abandonnez en premier lieu toute auto-identification, arrêtez de penser que vous êtes comme ceci ou comme cela, tel ou tel que vous êtes ceci ou cela. Renoncez à tout intérêt personnel, ne vous souciez pas de votre bien-être, matériel ou spirituel, abandonnez tout désir, grossier ou subtil, cessez de penser à un accomplissement, quel qu’il soit. Ici et maintenant, vous êtes complet, vous n’avez absolument besoin de rien.

Cela ne veut pas dire que vous devez être sans cervelle et téméraire, imprévoyant ou indifférent ; seulement l’anxiété fondamentale pour soi-même doit disparaître. Vous avez besoin de nourriture, de vêtements, d’un abri, mais cela ne vous créera pas de problème tant que vous ne confondrez pas besoin et avidité. Vivez en harmonie avec les choses telles qu’elles sont, et non telles qu’on les imagine.

Q: Si je ne suis pas un humain, que suis-je ?

M: Ce qui vous fait penser que vous êtes un être humain n’est pas humain. Ce n’est qu’un point sans dimension de la conscience, un rien conscient tout ce que vous pouvez dire à votre sujet c’est « Je suis ». Vous êtes être-conscience-béatitude purs. Réaliser cela, c’est la fin de toute quête. Vous y parvenez quand vous voyez que tout ce que vous pensez être vous-même n’est que pure imagination, et que vous vous tenez dans la Pure Conscience du transitoire, de l’imaginaire et de l’irréel perçus comme tels. Ce n’est pas difficile, mais le détachement est indispensable. C’est l’attachement au faux qui rend la vérité si malaisée à voir. Une fois que vous aurez compris que le faux a besoin du temps, et que tout ce qui a besoin du temps est faux, vous serez plus près de la réalité qui est intemporelle, toujours dans le maintenant. Dans le temps, l’éternité n’est que simple répétition, comme le mouvement d’une horloge. Elle coule sans fin du passé dans le futur, continuité perpétuellement vide. La réalité est ce qui rend le présent si vivant, si différent du passé et de l’avenir qui sont purement mentaux. Si vous avez besoin de temps pour réussir, votre but ne peut qu’être faux. Le réel est toujours avec vous, il n’est pas nécessaire d’attendre pour être ce que vous êtes. Mais il ne faut pas que vous laissiez votre mental partir en chasse hors de vous-même. Quand vous voulez quelque chose, demandez-vous : « En ai-je besoin ? », et si la réponse est non, alors laissez tomber.

Q: Faut-il donc que je ne sois pas heureux ? Une chose peut ne pas m’être nécessaire, cependant, si elle peut me rendre heureux, ne dois-je pas la saisir ?

M: Aucune chose ne peut vous rendre plus heureux que vous ne l’êtes. Toute recherche du bonheur est misère, et conduit à plus de misère. Le seul bonheur digne de ce nom est le bonheur naturel de l’être conscient.

Q: Ne dois-je pas acquérir énormément d’expérience avant d’espérer atteindre an tel niveau de conscience ?

M: L’expérience ne laisse derrière elle que des souvenirs qui ajoutent à un fardeau déjà assez lourd. Vous n’avez pas besoin d’accumuler encore plus d’expériences. Celles que vous possédez déjà sont suffisantes, et si vous sentez la nécessité d’en acquérir plus, regardez dans le cœur des gens qui vous entourent. Vous y trouverez un grand nombre d’expériences que vous ne pourriez pas obtenir en un millier d’années. Apprenez du chagrin des autres pour vous sauver du vôtre. Vous n’avez pas besoin d’expérience, mais de vous libérer de toute expérience. Ne soyez pas avide d’expériences, elles ne vous sont d’aucune utilité.

Q: Mais, vous-même, ne traversez-vous pas des expériences ?

M: Les choses arrivent autour de moi, mais je n’y prends aucune part. Un événement ne devient une expérience que si je suis émotionnellement concerné. Je suis dans un état complet, qui ne recherche pas l’amélioration. A quoi me servirait l’expérience ?

Q: Nous avons besoin de connaissances, d’éducation.

M: Quand nous avons affaire aux choses, la connaissance des choses est nécessaire dans nos relations avec les gens nous avons besoin d’intuition, de sympathie. Pour vous occuper de vous, vous n’avez besoin de rien. Soyez ce que vous êtes : un être conscient, et ne laissez pas votre esprit vagabonder loin de vous.

Q: L’éducation universitaire est des plus utiles.

M: Elle vous aide, sans aucun doute, à gagner votre vie. Mais elle ne vous apprend pas à vivre. Vous êtes étudiant en psychologie. Dans certains cas, cela pourra vous aider, mais pouvez-vous vivre selon la psychologie ? La vie ne mérite ce nom que si elle reflète la réalité en action. Pas une seule université ne peut vous enseigner à vivre de telle sorte qu’à l’heure de votre mort, vous puissiez dire: « J’ai bien vécu, je n’ai pas besoin de vivre encore ». Tant de fautes ont été commises, tant de choses n’ont pas été faites. La majorité des hommes végète mais ne vit pas. Ils ne font qu’accumuler des expériences et enrichir leur mémoire. Mais l’expérience est la négation de la réalité qui n’est ni sensible ni conceptuelle elle n’est ni le corps ni le mental, bien qu’elle les inclue tous les deux et transcende l’un et l’autre.

Q: Mais l’expérience est très utile, c’est par elle que nous apprenons à ne pas toucher au feu.

M: je vous ai déjà dit que la connaissance était très utile quand on s’occupait des choses. Mais elle ne vous enseigne pas comment faire avec les gens et vous-même, comment vivre sa vie. Nous ne sommes pas en train de parler de la conduite d’une voiture ou des moyens de gagner sa vie. Pour cela, vous avez besoin d’expérience. Mais la connaissance matérielle ne vous aidera pas à être la lumière qui vous illuminera. Vous avez besoin de quelque chose de beaucoup plus proche, de beaucoup plus profond que la connaissance médiate, pour être vous-même au vrai sens du mot. Votre vie extérieure n’a pas d’importance. Vous pouvez devenir veilleur de nuit et vivre heureusement. Ce qui importe, c’est ce que vous êtes intérieurement. Vous avez à gagner votre paix et votre joie intérieures. C’est beaucoup plus difficile que de gagner de l’argent. Aucune université ne peut vous apprendre à être vous-même. Le seul apprentissage possible, c’est la pratique. Dès maintenant, commencez à être vous-même. Rejetez tout ce que vous n’êtes pas et allez toujours plus au fond. Comme l’homme qui creuse un puits rejette tout ce qui n’est pas l’eau jusqu’à ce qu’il atteigne la nappe phréatique, de même devez-vous rejeter tout ce qui n’est pas vôtre jusqu’à ce qu’il ne reste rien que vous puissiez renier. Vous découvrirez que dans ce reste il n’y a rien à quoi le mental pourrait s’accrocher. Vous n’êtes même pas un être humain. Vous êtes seulement un point de Conscience co-extensif au temps et à l’espace et au-delà des deux, la cause ultime, elle-même sans cause. Si vous me demandez : « Qui êtes-vous », je vous répondrai : « Rien en particulier, toutefois, je suis ».

Q: Si vous n’êtes rien en particulier, alors vous devez être l’universel.

M: Que signifie être universel - non en tant que concept, mais comme mode de vie ? Ne pas séparer, ne pas opposer, comprendre et aimer tout ce qui entre en contact avec vous, c’est vivre l’universalité. Être capable de dire vraiment « Je suis le monde, le monde est moi, je suis chez moi dans le monde, le monde est à moi. Chaque existence est mon existence, chaque conscience est ma conscience, chaque chagrin est mon chagrin et chaque joie est la mienne >, voilà la vie universelle. Mais mon être réel, comme le vôtre, est au-delà de l’univers, et par conséquent, transcende les catégories du particulier et de l’universel. Il est ce qu’il est, totalement contenu en lui-même, totalement indépendant.

Q: Je trouve cela difficile à comprendre.

M: Laissez-vous le temps de vous pencher sur ces questions. Il faut effacer les vieux sillons gravés dans votre cerveau sans en faire de nouveaux. Vous devez réaliser que vous êtes l’immuable, en-deçà et au-delà du mouvant, le témoin silencieux de tout ce qui arrive.

Q: Cela veut-il dire que je doive renoncer à toute idée de vie active ?

M: Pas du tout. Il y aura le mariage, les enfants, l’argent de la famille à gagner; tout cela arrivera dans le cours normal des événements car la destinée doit s’accomplir ; vous devez vous y soumettre sans résistance, faire face aux tâches comme elles se présentent, attentif et sérieux dans les petites choses comme dans les grandes. Mais votre attitude générale sera de détachement affectueux, de grande bonne volonté sans espoir de récompense, de don constant sans rien demander en échange. Dans le mariage, vous n’êtes ni le mari ni l’épouse vous êtes l’amour qui existe entre les deux. Vous êtes la lucidité et l’affection qui rendent toutes choses ordonnées et heureuses. Cela peut vous sembler confus, mais si vous y pensez un peu, vous verrez que la mystique est une attitude très pratique car elle rend la vie heureusement créatrice. Votre conscience s’élève à une nouvelle dimension d’où vous voyez chaque chose plus clairement et avec une plus grande intensité. Vous réalisez que la personne que vous êtes devenu à votre naissance, et qui ne sera plus à sa mort, est transitoire et fausse. Vous n’êtes pas la personne sensuelle, émotionnelle et intellectuelle qu’empoignent les désirs et les peurs. Découvrez votre être réel. « Que suis-je ? » est la question fondamentale de toute psychologie et de toute philosophie. Allez-y profondément.

L'Absolu et l'action

Publié le 21/05/2014 à 20:09 par absolultime Tags : moi monde nature soi danse

Derniers entretiens (6)

 

 

 

Vendredi 17 juillet 1981 – C’était le jour sacré de Guru Pûrnimâ(la fête du guru), et Maharaj a certainement dû puiser dans ses ressources physiques faiblissantes pour prononcer quelques mots en ce jour mémorable. Il était assis dans son lit et portait un gros pull-over malgré la chaleur qui régnait dans la pièce, les fidèles étant venus en masse. Il parla tout d’abord d’une voix faible, mais celle-ci parut bientôt acquérir une nouvelle vigueur. « Vous êtes venus ici en espérant sans discontinuer que je vous donnerais un programme vous indiquant quoi fairepour obtenir la « libération ». Et moi, je ne cesse de vous répéter que puisqu’il n’existe aucune entité en tant que telle, la question de l’attachement ne se pose pas ; et que si l’on n’est pas attaché, il n’existe aucun besoin de libération. Tout ce que je puis faire, c’est vous montrer que ce que vous êtes n’est pas ce que vous pensez être.

 

Mais pour la plupart d’entre vous, ce que je dis est inacceptable. Et certains d’entre vous vont ailleurs, où ils se réjouissent de recevoir une liste de choses à faire et à ne pas faire. Qui plus est, ils obéissent avec foi et diligence à ce genre d’instructions. Mais ils ne réalisent pas la chose suivante : quelle que soit la pratique à laquelle ils vont s’adonner en tant qu’entité, cette pratique ne va que renforcer leur identification à l’entité illusoire, et la compréhension de la Vérité restera donc toujours autant hors d’atteinte.

 

On s’imagine qu’on doit d’une façon ou d’une autre se transformer, passer du stade d’être humain imparfait à celui d’être humain parfait appelé Sage. Si seulement on pouvait voir l’absurdité de cette idée ! Celui qui pense ainsi n’est lui-même qu’un concept, une apparition, un personnage dans un rêve. Comment un pur fantôme pourrait-il s’éveiller d’un rêve en se perfectionnant ?

 

Le seul « éveil » qui soit est l’aperception de cela-qui-est.Et il n’est nullement question d’un « qui » dans cet a-percevoir, car l’a-percevoir lui-même est notre nature véritable ; et la condition indispensable et préliminaire à un tel a-percevoir, est la disparition de l’objet manifesté. Ce qui est a-perçu est la manifestation dans sa globalité,et non pas la vision d’un « qui » se maintenant en observateur séparé. L’a-percevoir est le fonctionnement total de l’Absolu – l’a-percevoir est ce que vous êtes.L’univers qui apparaît dans la conscience est un miroir qui réfléchit chaque être doué de perception – en d’autres termes, la conscience constitue la source même de l’univers apparent. La conscience n’est pas différente de son contenu manifesté.

 

Et cet a-percevoir n’a absolument rien à voir avec un « qui », avec une apparition dans la conscience qui ne représente qu’une infime parcelle du fonctionnement total. La compréhension profonde et intuitive de ce fait constitue le seul « éveil », ou « illumination », la seule « libération » illusoire d’un « attachement » illusoire, l’éveil du rêve vivant.

 

Que fait le guru ? Le guru réalisé fait la seule chose qui puisse être faite : il montre du doigt le sad-guru qui réside en chacun. Le sad-guruest toujours présent, que vous vous souveniez de lui ou non, mais une coopération constante avec lui – quoi que vous puissiez faire – est tout ce qui est nécessaire. Tout autre effort, tout autre action volitive, ne sera non seulement d’aucune aide, mais constituerait une entrave et un danger. »

 

 

 

*

 

 

 

Dimanche 26 juillet 1981 – C’était la foule habituelle du dimanche matin. La pièce était bondée. Maharaj sourit et dit : « Les gens ont beau savoir que je ne me trouve guère en mesure de parler, ils continuent à venir me voir. Qu’espèrent-ils obtenir ? » Au prix d’efforts considérables, et avec l’aide de l’élève qui s’occupait de lui, il s’assit. Il balaya la pièce du regard et déclara qu’il ne pouvait reconnaître les visiteurs, mais si ceux-ci avaient des questions, surtout qu’ils ne les répriment pas. « Essayez cependant, ajouta-t-il, de garder à l’esprit que sur le plan intellectuel, les questions sont sans fin. »

 

Un visiteur demanda : « Au cours de la quête de notre vraie nature, le monde, à l’extérieur, et l’esprit, à l’intérieur, créent de nombreuses entraves. Pourquoi ? Et que doit-on faire ? » Maharaj répondit promptement : « Accrochez-vous à celui qui cherche. C’est là tout ce que vous avez besoin de faire et en fait, il n’existe rien d’autre que vous puissiez réellement faire. Si vous vous en tenez à cela – ne jamais laisser celui-qui-cherche vous échapper – vous finirez par découvrir que le chercheur n’est nul autre que la conscience en quête de sa source, et que le chercheur lui-même est à la fois la quête et le cherché, et que cela est vous. »

 

Il y eut plusieurs autres questions dont Maharaj s’acquitta plus ou moins sommairement, car elles avaient trait au comportement dans le monde. « C’est la nature, ou conscience en action, qui est responsable de la croissance spontanée du corps de l’instant de la conception à la naissance physique, et après quoi de l’enfance jusqu’au plein développement de la jeunesse, pour finir par la dégradation. Pourquoi acceptez-vous tout à coup la responsabilité des actions du corps, et par là l’attachement de la rétribution de telles actions ? »

 

Finalement, vers la fin, vint la question suivante : « Existe-t-il une différence entre une personne qui est un Ava-dhûta(celui qui est libéré des attaches du monde) et une autre qui est un Jnâni(celui qui est parvenu à la connaissance de la vérité) ? Je pose cette question parce que je voudrais savoir comment une personne réalisée agit en ce monde. »

 

Maharaj éclata de rire. « Tous vos mots qui forment des questions et tous mes mots qui forment des réponses semblent tout pareillement se fondre dans le néant ! Si une seule de mes réponses avait atteint son but, il n’y aurait plus aucune question. Aussi, en un sens, tout cela est pour le mieux ; vos questions continuelles et mes réponses contribuent les unes comme les autres à faire passer le temps d’agréable façon ! D’ailleurs, il n’y a rien d’autre à faire puisqu’il n’existe aucun « objet » à ce que nous considérons comme l’Univers – tout cela est la Lîlâ, et nous entrons dans la danse. Mais cela, il nous faut bien le comprendre.

 

Ceci étant, voyons votre question. Ava-dhûta, Jnâni, réalisé, tous ces noms désignent un état, dont le postulat de base même est la négation totale d’une entité individuelle séparée ; et pourtant la question se fonde sur la notion qu’un être libéré est une « personne », et vous voulez savoir comment cette personne agit dans le monde. Voyez-vous la contradiction ? Dès qu’il y a réalisation, la différence entre un soi et les autres disparaît et avec elle, bien évidemment, disparaît aussi la notion d’un quelconque « faire » de cette pseudo-personnalité, disparaît la notion d’être l’auteur de ses actions. Par conséquent, une fois que la réalisation est survenue – et comprenez bien que « personne n’acquiert » la réalisation – il ne saurait demeurer aucun sentiment de volition, ou de désir, ou de choix des actions.

 

Je vous en prie, essayez de comprendre la portée de ce que je viens de dire. Si vous avez compris mes paroles, vous aurez également compris qu’il ne saurait exister une « personne réalisée »et donc, qu’il ne peut être question de savoir comment une personne réalisée agit dans le monde. Qu’arrive-t-il alors à « son » corps ? La réponse aux situations extérieures est spontanée, de nature intuitive, sans aucune interférence de l’esprit divisé individuel, ce qui exclut ainsi toute question d’activité volitive. »

 

 

Ramesh Balsekar, Les Orients de l'être, Ed. du Relié

VACUITÉ ET FLUIDITÉ; J.KRISHNAMURTI

Publié le 27/03/2014 à 18:24 par absolultime Tags : monde éléments pensées

Un récipient n'est utilisable que lorsqu'il est vide et un esprit qui est rempli de croyances, de dogmes, d'affirmations, de citations, est en vérité un esprit stérile, une machine à répétition. Cet état de vide est ce que nous essayons de fuir par tous les moyens. C'est pour cela que la solitude est dangereuse car elle nous met en état de réceptivité. Nous cherchons alors ce que nous appelons des divertissements, nous cherchons à combler le silence par des bruits qui, en nous transportant dans le passé ou dans l'avenir, nous éloignent du vide. Nous meublons la solitude de pensées qui nous préservent. Mais cette vacuité ne disparaît pas pour autant. Nous la nions mais nous ne parvenons pas à la détruire. 
Si vous parvenez à une évasion totale, vous vous retrouverez dans un asile d'aliénés, ou  vous deviendrez complètement stupides. Et c'est exactement ce qui se produit dans le monde.

La seule solution, pour ne plus craindre cette vacuité, est de ne plus la fuir, de voir la réalité en face, sans mots, sans pensées.
Commencez à vous observer, soyez conscient de vos activités d'instant en instant, regardez l'ensemble de votre processus comme dans un miroir et, au fur et à mesure que vous irez plus profondément, vous arriverez enfin à cette vacuité en laquelle, seule, peut se produire le renouveau. L'état de vide créateur ne se cultive pas ; il vient sans qu'on l'invite ; et ce n'est qu'en lui que peut s'accomplir la révolution du renouveau.

Cette vacuité fait sentir sa présence lorsque nous la fuyons, que nous le voyons comme un gouffre ; lorsque nous la cherchons, elle échappe à notre quête. Elle n'a pas de lieu, elle n'a pas de fixité et c'est en raison de cette fluidité qu'elle n'apparaît qu'à celui qui ne « sait » pas.

Les idées ne sont pas la vérité. La vérité doit être vécue directement, d'instant en instant.

… il atteint l'inexprimable, le sans-parole.

Si la vérité était un point fixe, ce ne serait pas la vérité, ce ne serait qu'une opinion. La vérité est l'inconnu et celui qui la cherche ne la trouvera jamais, car tous les éléments qui la composent appartiennent au connu.

L'esprit est le résultat du passé, le produit du temps. Il est l'instrument du connu, il ne peut donc pas découvrir l'inconnu ; il ne peut qu'aller du connu au connu.

La libération, l'état sans souffrance, la joie, le bonheur, toutes ces choses sont la vacuité et la vacuité est au-delà de toutes ces choses. L'esprit calme et passif est alors dans son action réelle, dans sa vivacité, il perçoit la vérité inexprimable. Il échappe au temps et à l'espace. Il ne se renferme sur rien. Pouvez-vous retenir le vent dans votre poing ?

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