il n’y a rien au sein de cette fraude

Publié le 03/11/2014 à 07:38 par absolultime Tags : vie moi monde roman mort nature nuit soi pensée éléments extrait

Entretien du 23 avril 1980 (A la Source de la Conscience)

 

 

 

Maharaj : Devenez ami avec votre état indifférencié, avec le vrai Soi. Il n’y a jamais eu de dualité, vous demeurez néanmoins prisonnier de l’illusion de ne pas faire un avec lui.

 

J’ai compris ma véritable nature, elle est toujours vivante, mais pas de la façon dont tout le monde le croit. Je ne tiens pas à vivre cette vie en m’appuyant sur les connaissances ou les expériences du monde objectif. On me dit que je dois vivre... vivre ainsi ne m’intéresse pas ! Je suis vivant parce que telle est ma nature. C’est là, l’existence est là. Je suis uniquement ici à la suite de cette existence. Mon état véritable – qui est complet, indifférencié – est au-delà de vie et de la mort. Je ne suis jamais contraint par le corps et l’intellect, je suis sans limites.

 

Moi, Absolu, n’avait jamais expérimenté le fait d’être vivant et à présent je fais l’expérience « je suis vivant » et celle de tous les problèmes qui en découlent ; une expérience limitée dans le temps et dans l’espace. Mais le jour où j’ai tout compris, j’ai découvert que je n’avais jamais réellement fait l’expérience d’être vivant, que je suis un état bien au-delà de l’expérience.

 

Pourquoi est-ce arrivé ? Mon Guru m’a clairement expliqué que le « Je-conscience » est apparu, que ces expériences ont été éprouvées de manière à ce qu’il soit possible de voir la vraie nature du « Je-conscience », d’aller à sa source et de découvrir d’où vient ce « Je ».

 

Visiteur : Si je suis malade et inconscient et que Maharaj soit malade et inconscient, quelle différence y aura-t-il entre nous ?

 

M : Je connais ma véritable nature, je suis Cela, tandis que vous demeurez limité à un corps et une mémoire. Alors si vous vous sentez malade faites venir le médecin, il pourra peut-être quelque chose pour vous... ! Vous avez toutes ces notions, moi je n’ai rien. Je repose au sein de ma vraie nature alors que vous avez pris une couverture sous laquelle vous ne trouvez pas le repos !

 

N’est-il pas vrai, quand vous êtes malade, que vous ne pensez à rien d’autre que votre maladie... ? Pourquoi êtes-vous entré dans un tel circuit ?

 

Quand je vous parle ne vous efforcez pas de me comprendre à partir de ce corps-intellect. Votre état véritable est toujours présent, il n’est pas parti se réfugier ailleurs. Vous ignoriez que cet état avait toujours été là et, bien qu’à présent vous le sachiez, vous n’avez rien accompli...Il est toujours présent, il est là de tout temps !

 

Sur mon état véritable, homogène, uniforme, s’est formée une minuscule ondulation, elle transmettait la nouvelle « Je suis ». Cette nouvelle a fait toute la différence et j’ai commencé à connaître ceci. A présent je connais mon état véritable, donc je comprends d’abord ma vraie nature et je comprends ensuite que cette ondulation « Je suis », va et vient à la surface de ma vraie nature. Vous éprouvez, malheureusement, un grand intérêt pour cette ondulation, mais aucun intérêt pour votre vraie nature !

 

C’est du sein de mon existence en tant que noumène qu’est apparu le phénomène, cet état actuel. L’homogène comprend le jeu des attributs, les projections de l’esprit, mais les projections de l’esprit – ce mouvement perpétuel – ne peuvent pas comprendre l’homogène, l’immuable. Au moment où cela peut se produire, les projections deviennent une avec lui. Tout le monde s’efforce en vain de comprendre la signification de tout cela. Vous ne comprenez pas parce que vous demeurez emmailloté dans tous ces langes « Je suis ceci et cela » ! Libérez-vous... rejetez tout ça !

 

Le point de vue ultime est qu’il n’y a rien à comprendre. Donc quand nous nous efforçons de comprendre il s’agit d’une complaisance envers les acrobaties de la pensée.

 

Tous ces éléments spirituels que vous avez tellement soif de connaître, habitent le monde objectif, sont dans l’illusoire. Toutes vos activités matérielles et spirituelles appartiennent à cette illusion. Tout ceci se produit dans le monde objectif, tout cela n’est que malhonnêteté ; il n’y a rien au sein de cette fraude.

 

V : Durant la méditation, la nuit dernière, j’ai éprouvé un pur état « je-je ». J’ai compris qu’il s’agissait de la rencontre du Soi.

 

M : Est-ce là votre compréhension du Soi ? Recrachez-la ! Quoi que vous ayez pu comprendre vous ne l’êtes pas ; pourquoi vous perdez-vous dans ces concepts ? Vous n’êtes pas ce que vous savez, vous êtes ce qui sait ! 

 

 

Extrait de A la Source de la Conscience, Editions Les Deux Océans, 1991

Que désirez-vous en tant que chercheur de vérité ?

Publié le 27/09/2014 à 07:44 par absolultime Tags : vie monde roman création nature soi éléments créations extrait

Entretien du 11 mai 1980 (A la Source de la Conscience)

 

 

 

Maharaj : Dans le corps la conscience observe, elle est un témoin de ce qui arrive, quant au comportement il dépend des trois gunas. La conscience pénètre toutes choses, elle est sans forme, semblable à l’espace.

 

Est-ce qu’une maladie, une douleur, a une forme ? Il s’agit simplement d’un mouvement au sein de la conscience. Le connaisseur de la conscience, lui, ne ressent pas la douleur et c’est uniquement parce que la conscience s’est identifiée au corps que ce corps ressent la douleur. Même si le corps est blessé, s’il est inconscient il n’y a pas de douleur car ce n’est pas le corps qui ressent la douleur. Quand il se produit une perturbation dans l’équilibre des cinq éléments entre eux, la maladie apparaît et maladie et douleur sont ressenties par la conscience.

 

Tout comme à l’approche de l’hiver il y a de moins en moins de chaleur, quand il y a de moins en moins d’identification avec le corps, la douleur est de moins en moins ressentie. Lorsqu’une absence totale d’identification est atteinte cela peut aller jusqu’à plonger sa main dans le feu sans ressentir la moindre douleur. La brûlure du feu se produira mais la douleur ne sera pas ressentie.

 

Supposons qu’à un certain moment je ressente une douleur et que survienne un événement qui détourne mon attention. Cet événement constitue une diversion et je ne ressens plus la douleur éprouvée auparavant ! Souvent j’éprouve une démangeaison sur tout le corps et je me gratte, mais je ne veux pas le faire quand je suis assis avec vous et je supporte la démangeaison. Du fait de cette tolérance, elle disparaît. Autrement, si on commence à se gratter cela ne fait qu’empirer et, la peau écorchée saignant, la démangeaison se poursuit toujours. En marathi il y a un proverbe qui dit « Ne provoquez pas la démangeaison par le grattage ». La plupart des douleurs ressemblent à cela si vous leur prêtez attention, vous les suscitez et ensuite vous avez à en prendre soin. Ne leur prêtez pas attention, ignorez les symptômes et ils seront déroutés. Vous devez posséder la capacité d’ignorer ou de supporter la douleur.

 

La conscience dans le corps demeure intouchable, c’est sa nature. Quand vous vous identifiez au corps vous pouvez la souiller conceptuellement, mais de par sa nature elle est très pure. Le souffle vital est aussi très pur, mais l’être est encore plus pur. Je parle ici d’Atman, le Soi. Une telle compréhension à de quoi développer un grand sentiment de frustration en celui qui ne voit pas les choses sous leur vrai jour. L’intention est de montrer les choses dans leur véritable perspective. L’ayant vu, vivez votre vie dans le monde au mieux de vos capacités.

 

L’immortalité est au-delà du temps et de l’espace. Dans cette existence de non-temps et de non-espace les cinq éléments n’ont aucun accès, pas plus que l’obscurité ou la lumière, le soleil ou la lune. L’existence dépourvue de temps et d’espace ne sait pas qu’elle est. Voilà la réalité, voilà la vérité.

 

Normalement, un chercheur ordinaire ne comprends pas où je veux ne venir parce que ce qu’il recherche est un objet dont il puisse jouir. Que désirez-vous en tant que chercheur de vérité ? Des avantages dans le monde vous permettant d’améliorer votre vie quotidienne ! C’est le maximum de ce que vous espérez obtenir de la spiritualité. Les soi-disant Sages poursuivant une démarche spirituelle ont, eux aussi, fixé leur ambition sur la perspective d’une vie quotidienne confortable...

 

Pourquoi ce foutu être est-il là ?... Cela, personne ne se le demande !

 

Seuls ceux pour qui péchés et vertus ont touché à leur fin visitent cet endroit avec profit. Tant que cette tare – la conviction d’être un intellect et un corps – subsistera, vous ne comprendrez pas.

 

L’ensemble total de tous ces entretiens est appeléSat-Guru-Parabrahman, un état sans demandes, sans besoins. Mon état est ce qui n’a jamais connu la création ou la dissolution de l’univers. Jusqu’ici je n’ai pas parlé de cela ; je demeure immuable au travers des créations et des dissolutions de l’univers. 

 

 

Extrait de A la Source de la Conscience, Editions Les Deux Océans, 1991

Quand votre cadavre est froid, qui êtes-vous ?

Publié le 16/09/2014 à 14:56 par absolultime Tags : blog moi monde mort création nature soi fleurs

Maharaj : Bien que votre être soit l’élé­ment le plus subtil, il a créé le plus grossier : le monde. Considérez la graine de banyan, elle est plus petite qu’une graine de moutarde. Cette graine est minuscule, subtile et, néanmoins, cet arbre immense est déjà à l’intérieur. Votre être égale­ment est très subtile, pourtant il contient l’univers tout entier. Bija signifie seconde création, le passé est à nouveau répété, il y a un banyan concentré dans la petite graine.

 

• Visiteur : Le « Je suis » est la graine ?

 

Traditionnellement, « Je suis » est la graine mais, en fait, « Je suis » est syno­nyme de « rien ». C’est du domaine sub­atomique. Simplement « vous êtes » ! C’est une impression mais cela contient tout ce qui nous entoure : l’état Iswara, la manifestation.

 

Donc, conscient de cette graine qui est « Je suis », il nous faut germer pour de­venir l’Absolu ?

 

Vous n’êtes conscient d’aucune graine. « Je suis », en soi, est graine, ne le matérialisez pas davantage avec vos mots ! Vous êtes le cœur-même de « Je suis » avant l’expression « Je suis », antara-­Atma. Que contient-il ? Tout cela.

 

Vous avez dit aussi que ce centre, ce cœur, n’est que lumière.

 

Le centre est présence à « Je suis ». La lumière est seulement symbolique. Il ne s’agit pas d’une lumière possédant une source comme celle-ci. Il s’agit d’une lumière lumineuse par elle-même. Le pré­tendu « chercheur spirituel » veut attein­dre Brahman. Comment ? Selon les tradi­tions, selon les définitions qu’il a enten­dues.

 

Brahma est Koh-l-nor, montagne de lu­mière. Koh-l-Nor a la capacité de se manifester en n’importe quelle forme correspondant à vos désirs. Koh-l-Nor est votre conscience. L’univers tout entier est là, vaste, répandu mais vous ramassez une petite miette, un concept et, d’après ce concept, vous voulez recréer le Brahman. Vous voulez modifier ce qui est déjà là pour que cela corresponde à ce que vous avez perçu dans la miette ra­massée !

 

Et cela nous éloigne encore plus de la vérité ?

 

Tout est vérité tout est Absolu. Ce Brahman est créé par votre être. Autre­ment dit, ce Brahman est une illusion créée par votre ignorance. Du point de vue de l’Absolu, votre être est totale ignorance.

 

Encore une fois, c’est à partir de cette ignorance, de ce manque de compréhen­sion de la réalité que se forme cette conscience et cette manifestation s’éten­dant à l’infini. Ignorance mais intrinsèquement Absolu. Sur l’Absolu se pose cet être et l’illusion qu’il engendre acca­pare toute votre attention.

 

Par quel moyen inverser le processus ?

 

Reculez. Lorsqu’il doit avancer, le lion regarde en arrière. Faites comme lui, regardez en arrière, remontez vers la source. À partir de cet être, reculez et installez-vous au sein de l’Absolu. Si vous voulez chercher et espérez trouver en demeurant dans le domaine de Brahma, au sein de cette manifestation, vous ne découvrirez que chaos et confusion. Objectivement, vous n’aboutirez nulle part, c’est un cercle vicieux dont on ne peut pas sortir. Mais, lorsque vous abor­dez la compréhension de vous-même, la découverte de ce que vous êtes réelle­ment, tous les désirs se détachent de vous.

 

Qu’est ce « Je suis » ? « Je suis » est « l’état-étant » maintenu par l’attachement à l’être, la volonté d’être. Si vous demeu­rez calmement dans cette êtreté pendant un certain temps, ce puissant désir d’être, lui aussi, se détache et, quand ce désir n’est plus, vous êtes l’Absolu.

 

Cela me semble bien triste. Vous savez que l’être est là mais vous vous dirigez vers le non-être.

 

C’est votre véritable nature ! Restez à ce niveau, le niveau sans agitation. Votre être, votre « Je suis » reculant consciem­ment jusqu’à l’Absolu c’est vous ! Vous n’êtes que là. Il n’existe aucun mouve­ment permettant de l’attendre. C’est le but, la fin du spectacle !

 

Pourrez-vous expliquer plus clairement, je ne comprends pas très bien.

 

Étant dans la conscience, vous comprenez la nature de la conscience, vous reculez et votre progression se poursuit. Comprenez-vous ce que cela veut dire ? Cette conscience lentement s’affaiblit, s’éteint. Elle est sciemment en train de disparaître mais cela ne peut pas vous affecter, vous êtes l’Absolu !

 

La combustion du bâton d’encens a cessé, la fumée a cessé mais le ciel est toujours là. C’est la même chose au moment de la mort, le souffle vital quitte le corps, le « Je suis » recule, s’efface, c’est le grand moment de l’immortalité.

 

Regardez la flamme de ce briquet. Le « Je suis » est la flamme et j’observe ses mouvements. Elle s’éteint, le gaz n’arrive plus, le souffle vital quitte le corps, le corps s’affaisse et je l’observe. Ce qui observe c’est vous. Les ignorants sont dans la terreur au moment de la mort, ils luttent mais pas le Jnani, c’est pour lui un moment magnifique, un moment de béatitude.

 

J’ai eu l’expérience d’observer ma conscience du sein d’une autre conscience. Je sais que j’étais éveillé mais je me voyais comme si j’étais à une certaine distance.

 

Dans ma terminologie, il s’agit de l’état de rêve.

 

Pour moi c’était être l’observateur de ma conscience.

 

Ces différentes manifestations ou expressions relèvent uniquement de la conscien­ce. Quand vous regardez la télévision, vous recevez des informations diverses mais il n’y a personne dans votre télé­viseur. Il existe un élément de base, un principe en activité derrière l’écran qui enregistre et reproduit. Tout est fonction de cet élément premier.

 

Identiquement, tout ce que vous voyez est l’expression de cet élément premier, cette conscience qui éprouve « Je suis ». Dans le Vedanta, il existe une termino­logie variée pour ce sens du « Je suis » : Matattva, Mulmaya et bien d’autres.

 

Toutes les expressions de ce que vous percevez sont le produit, la floraison de la connaissance « Je suis ». Ce que vous êtes en train de faire en ce moment — vous efforcer de comprendre intellectuel­lement tous ces mots — est une fausse démarche. L’intellect n’est qu’un résultat de votre être. Il est donc impossible que l’intellect puisse appréhender cet être qui le précède.

 

Je ne peux pas dire si cette compré­hension m’est venue de l’intellect ou de quelque chose d’autre. I1 y a eu l’état que je viens de décrire et je ne peux pas expliquer sa provenance.

 

Qui a compris cette expérience, comment avez-vous assimilé, comment avez-vous reconnu cette expérience ?

 

Ce que je souhaite vous faire comprendre est extrêmement simple : tout ce que vous êtes, tout ce que vous expérimentez qu’est-ce que cela va devenir ? Il vous faut comprendre cela. Vous ne pourrez rien acquérir ici en m’écoutant qui ne relève du domaine des mots. De ce point de vue, continuez à réfléchir, usez votre tête, je vous demande simplement ceci : qui que vous soyez, quoi que vous fas­siez ou exprimiez, combien de temps cela va-t-il durer ? Employez votre tête à résoudre cette question.

 

Le banyan a une très petite graine, la conception de cet arbre immense est contenue dans cette graine si petite, potentiellement l’arbre est dans cette graine. Allez-vous étudier et planter chaque racine, chaque branche, chaque feuille du banyan ? Non, vous ne vous occuperez que de la graine, vous planterez la graine. Quelle est votre graine ? La connaissance « Je suis ». Cette connais­sance est le lien entre vous et ce monde. Examinez cela, scrutez cela. C’est à ce niveau que peut se résoudre tout le pro­blème.

 

Si cette conviction « Je suis » n’est plus là, quel souci peut vous causer le monde ? Cette graine est donc le facteur essentiel. Ce sens du « Je suis », scrutez-le, fouillez-le, ce n’est qu’à ce niveau que vos investigations peuvent aboutir.

 

Considérez une goutte d’eau, le cœur de la goutte est de l’eau, l’extérieur est toujours de l’eau. Si vous prenez le ciel, c’est la même chose : l’Intérieur et l’exté­rieur sont toujours du ciel. Il en est de même pour « Je suis ». Son intériorité et ce qui l’exprime sont toujours « Je suis ».

 

Supposons qu’il y ait une émeute avec des morts et des blessés. Vous allez vous informer : pourquoi s’est-on battu ? Quelle était la cause de la bataille ? Ici, de même, quelle peut être la cause de tout ceci ?

 

La cause est dans ma tête.

 

Tout d’abord, il vous faut le corps, puis la force vitale, puis l’intellect, puis d’autres choses. Quelle est la cause de toutes les souffrances et désespoirs dont nous bénéficions en ce monde ?

 

L’intellect ?

 

N’est-ce pas notre êtreté, notre décou­verte du « Je suis » ? Seulement, il se trouve que vous n’êtes pas prêt à quitter ce complexe psycho-somatique.

 

C’est vrai.

 

Quelle est la cause de la création du corps, quelle est la graine de votre corps ?

 

A ce niveau-là l’intellect devient biolo­gique.

 

Biologiquement, avez-vous étudié comment cela s’est passé ? Quand l’essence de la nourriture est pré­sente, le corps-nourriture est formé. Pre­nez un arbre, il a des fruits et, dans ces fruits, des graines. Le fruit ne se déta­chera pas de l’arbre tant qu’il ne sera pas mûr, c’est-à-dire tant que ses graines ne seront pas arrivées à terme. Qu’est-ce que cela veut dire ? Tant que la graine n’aura pas enregistré l’univers où elle existe, l’arbre et tout ce qui l’entoure. La graine est formée par l’arbre et quelle est sa fonction ? Tout est enregistré dans la graine : les racines, l’écorce, le tronc, les fleurs, les feuilles et, quand elle est prête, elle tombe, germe, s’enracine. Que fait-elle ? Tout ce qui a été enregistré est identiquement reproduit et cela s’applique également aux êtres humains. Quand la graine humaine est plantée, elle photogra­phie, enregistre, fixe les images de ses parents et aussi du monde à cet instant. J’ai dit, il y a un instant, que ce corps est formé grâce à la nourriture que nous consommons. Prenez une bougie, elle est formée de graisse, notre corps est aussi formé par la nourriture. Quand ce corps-nourriture est achevé et que le souffle vital l’anime, la conscience apparaît sous la forme du sens d’être, du sens abstrait « Je suis ». Dès que la bougie est formée, la flamme apparaît, la flamme est lumi­neuse et révèle les formes qui l’entourent. Similairement, votre êtreté manifeste rend sensible tout ceci qui est l’expression de vous-même. Ce sens du « Je suis » est votre flamme. Cette flamme durera tant que son support-nourriture ne sera pas épuisé, comme la graisse ou l’huile de la lampe.

 

Tout ce qui réfléchit la lumière de la bougie, toute cette pièce sont l’expres­sion de cette flamme, c’est son univers. Similairement, votre être est tout ceci, il est cette lumière mais ici ce sens du « Je suis » est votre propre assentiment au fait d’être.

 

Entendre tout ceci est peut-être difficile pour vous. Il vous faut arriver à le com­prendre. Pour cela, la méditation est essentielle. Il faut vous asseoir pour méditer et pratiquer le mantra afin de mûrir et d’arriver à comprendre ces entre­tiens.

 

Dans la bougie, la flamme produit de la chaleur en consumant sa nourriture. Ici, la flamme « Je suis » consume ce corps-nourriture pour sa subsistance. L’essence de ce corps-nourriture est un flux, son mouvement est le souffle vital. Quand tout cela est présent, plus la chaleur, le « Je suis » est là. Votre corps possède une chaleur qui révèle la combustion de cette nourriture. Regardez ce charbon de bois, il est froid, le flux est tari. Quand il n’y a plus de « Je suis », il n’y a plus de combustion du corps, plus de chaleur. Comme cette bougie qui n’est rien, froide, sans flamme.

 

Mais elle demeure quand même une bougie !

 

Quand cette essence de la nourriture se tarit, le corps est toujours là mais inerte, le « Je suis » a disparu. Vous pouvez vous imaginer qu’il est au ciel ou en enfer ou dans n’importe quel autre monde mais ce ne sont que des divagations de l’esprit. Où est-il parti ? Il a disparu, c’est tout.

 

il s’en est retourné.

 

« Retourné » veut dire que vous allez le localiser encore quelque part. Quand votre cadavre est froid, qui êtes-vous ?

 

Dès que l’on mentionne « vous » ou « je », pensez immédiatement « Je suis ceci ». Ce n’est jamais vrai. Vous com­prenez toujours « vous » et « votre monde ». Votre manifestation, votre expression où sont-elles allées ? Quand ce corps est terminé, épuisé, froid, qu’est devenu ce principe ? Il demeure l’état qui existait avant l’apparition de ce sens du « Je suis ».

 

Il n’y en a qu’un sur un million qui com­prenne ce qu’est ce principe et s’installe dans la quiétude. Les autres s’acharnent sur des détails : « qu’est-ce devenu, etc. ». Un Jnani, celui qui a réalisé sa véritable nature est libéré de quoi ? De tout besoin, de tout manque et non seulement ça, il s’est débarrassé de la machine-même qui continuellement recherche quelque chose.

 

Je vous ai entendu dire cela bien des fois « un sur un million seulement peut comprendre…. » Cela ne me décourage pas d’ailleurs. Je trouve que l’effort de com­prendre, en soi en vaut bien la peine, mais dans tous ceux qui ont défilé devant vous avez-vous jamais reconnu ce « un sur un million » ?

 

Vous pouvez être très sérieux, sincère et bien d’autres choses mais, malgré tout, vous vous accrochez à votre intellect, vos idées, votre monde mental. Vous ne re­tournez pas en arrière, vous vous cram­ponnez au contraire à cet intellect me­nacé, c’est là votre problème. Qu’est-ce que cette êtreté ? C’est la qualité la plus subtile. Lorsqu’elle s’est desséchée, où êtes-vous ?

 

Il n’y a pas de mots pour vous répondre.

 

Traduction Paul Vervisch

 

 

 

la création et la destruction du monde

Publié le 15/09/2014 à 21:10 par absolultime Tags : blog vie monde homme article coeur création dieu argent nature animal animaux soi pensée air pensées écran

La création et la destruction du monde
Une conférence de Sri Siddharameshwar Maharaj (date non précisée).
 
Parution dans la revue InfoYoga n°51, février 2005/mars 2005, p. 20 sous le titre:" la création et la destruction du monde".
 


 
 

«  Que veut-on dire par création, maintien et destruction du monde ? Que signifie la compréhension spirituelle ? Les quatorze moyens de connaissances  (Les quatorze moyens de connaissance : C'est l'antakaran ou sens interne constitué des indryas (facultés) qui sont : la conscience individuelle, le mental, l'intellect, l'ego, les cinq organes fonctionnels et les cinq organes des sens)  et les soixante-quatre formes d'art concernent l'existence dans le monde, c'est-à-dire qu'ils ne sont là que pour satisfaire la vie matérielle. Quand on ne connaît pas le remède à son mal, la peur nous fait accepter celui que propose le médecin. Mais les docteurs n'ont appris, et n'exercent leur art, que dans le but d'en faire leur moyen de subsistance.
 
Toutes ces connaissances ne concernent donc que le monde, cet apprentissage d'une connaissance particulière, qui n'a d'autre but que d'accumuler de l'argent, est appelé ignorance ou fausse connaissance. La motivation du professeur comme celle de l'étudiant dans la transmission de ces connaissances est, bien entendu, le profit. Maintenant voyons ce que signifie la véritable connaissance et ce qu'elle vise. Elle élucide le mystère de la création, de son fonctionnement et de son développement futur. Qui est le Dieu antérieur à tout ?
 
Cette connaissance ne porte pas sur la vie mondaine de l'homme mais sur la condition de tous les êtres et de leur créateur. Passer sa vie à se préoccuper de son estomac est digne d'un animal, mais c'est pourtant ce que font tous les êtres pourvus d'une faculté mentale inférieure. Vous ne pensez pas. Réfléchir aux grandes choses de la connaissance spirituelle concerne les grands esprits. L'apprentissage spirituel vise la connaissance de vous-même et du cosmos ; et c'est cela la véritable connaissance.
 
Le disciple demande au maître : “Quelle est ma véritable identité, celle du maître et celle de Dieu ?” Le maître répond que, puisque vous avez pris naissance dans un corps humain, vous devez discerner le Soi de ce qui ne l'est pas, et vous défaire ainsi de tout ce que vous n'êtes pas. Vous comprendrez alors qui vous êtes et qui est le maître. A l'école, on vous apprend à faire des additions et des soustractions. De même ici vous devez appliquer une méthode soustractive, en éliminant votre mental, votre intellect et tout le corps subtil, et ce qui restera c'est le corps causal ou l'ignorance.
 
 Mais êtes-vous réellement cette ignorance, ce vide ? Que reste-t-il si vous rejetez ce ‘rien’ ? Si vous vous dégagez de l'ignorance, celui-là même qui s'y emploie se maintient, et c'est ‘vous’ en tant que connaissance. Vous êtes la pure connaissance qui est témoin de tout, et qui dit ‘je’. Vous êtes cela. La nature de ce ‘vous’ est donc la connaissance et celui qui le sait est un éveillé, alors que celui qui s'identifie au corps est un ignorant. Votre être n'est rien d'autre que la connaissance incarnée. “Vous êtes cela”, et vous pouvez appeler ‘cela’, le ‘je’ ou Dieu ou encore Shiva. Celui qui dit être la connaissance est Shiva, et celui qui persiste dans la croyance qu'il est le corps est Jiva, l'ignorant. Je suis la conscience qui est à l'arrière plan des pensées et lorsque celles-ci sont au repos pour un moment, on appelle cet état sommeil. Cette conscience est appelée Dieu et elle recèle tout le potentiel du pouvoir. C'est parce que j'existe que toute chose apparaît comme étant réelle, sinon il n'y a rien.
 
Celui qui attribue le caractère divin au Dieu du monde réside au plus profond de notre coeur. C'est ce Dieu que l'on habille et que l'on pare, c'est lui que l'on vénère et à qui l'on fait des offrandes. Je suis Dieu, et le monde me doit sa grandeur. D'ailleurs si celui qui dit ‘je’ quitte le corps, la vie n'est plus. En sanscrit aumkar signifie ‘je suis’. Le monde entier est créé à partir du aum ou l'êtreté. Il est l'origine du son et des mots. l'êtreté a émergée à partir du Brahman. Ainsi Aumkar est la connaissance, et ahamkar est l'ego ou “je suis le corps”, c'est-à-dire l'ignorance. La réalité finale est dévoilée lorsque la connaissance et son contraire, l'ignorance, sont absentes, et c'est là que se situe mon véritable Soi.
 
La connaissance ‘je suis’ ne saurait être la réalité finale. A-t-on besoin d'une lampe pour se voir soi même ? C'est seulement lorsque nous devons parler aux autres que nous avons besoin de dire ‘je suis’, on ne se dit jamais ‘je suis’ à soi-même. Quand on se réveille du sommeil, l'êtreté se révèle. Et lorsqu'on laisse ce ‘je’ derrière soi, il ne reste que la réalité finale.
 
Le quatrième état est turya, c'est l'état dans lequel on affirme : “je suis la connaissance”. Tu signifie ‘vous’ et rahya : rester. Dans le sommeil profond, on n'est conscient de rien, pas même de l'instant où le sommeil nous submerge. Mais la réalité finale est au-delà de cet état du sommeil profond, car dans notre état naturel il n'y a ni conscience de soi ni ignorance, il n'y a ni espace, ni aucun concept d'aucune sorte. La conscience pure, c'est-à-dire la connaissance ‘je suis’, est appelée Dieu. Savoir signifie devenir Dieu. Quand ce pouvoir de connaître conceptualise, la manifestation entière devient perceptible, et lorsque tous les concepts sont abandonnés la manifestation s'évanouit.
 
Tant que vous vous accrochez à la manifestation, elle existe, et dès que vous la délaissez, elle s'évanouit. Dans le sommeil, vous quittez les sens, les objets, le mental et l'intellect, mais dès que vous vous réveillez, vous les réintégrez et vous y accrochez. C'est ainsi que la création, la préservation et la destruction s'imposent à vous. Mais en fait rien ne ‘vous’ arrive, ce n'est pas parce que vous mangez du tamarin que vous devenez âpre, ou parce que vous mangez du sucre que vous êtes doux! Le sucre a une saveur douce, mais qui finit par se dissiper, alors que vous, vous restez tel que vous avez toujours été.
 
Les différents corps se sont surimposés à la pure connaissance ‘je suis’ comme les films passent sur l'écran pour disparaître finalement. Que peuvent-ils vous faire ? La nourriture digérée par votre corps et qui est maintenant sous forme de matière fécale en vous, vous ennuie t-elle ? Les attributs (gunas) signifient ce qui n'est pas (gu : excréments). Si cette matière fécale qui est en vous ne vous dérange pas, alors que peuvent bien vous faire les attributs du corps ? Ainsi si les sens, le mental et l'intellect, qui sont présents en vous ne vous affectent pas, il n'est pas davantage question d'être touché par les qualités comme le péché ou le mérite qui en sont le produit.
 
C'est le mental qui a créé les concepts de Brahma, Vishnou et Mahesh  (autre nom de Shiva)  et les a dotés respectivement des caractéristiques de création, de préservation et de destruction. Le mental a donné quatre mains à Vishnou, il a dénudé le seigneur Shiva et recouvert son front de cendres, mais il échoue dans sa tentative de contempler le Soi, le seigneur de tous. Le Soi, qui est fondamentalement sans qualités, ne peut pas s'adjoindre péché ou mérite, car ce sont des attributs du mental. Puisque le mental ne peut pas saisir le Soi, ce dernier qui est le véritable ‘je’ est appelé Kailas loka, la fin de tous les corps. (Les quatre corps ou voiles qui recouvrent le Soi.) Kai signifie corps ou enveloppe, la ou laya : dissolution, ainsi kailas signifie ce qui reste après la dissolution des corps. Le corps grossier qui est éphémère appartient au monde des plaisirs terrestres, et le corps subtil jouit du monde de la création perpétuelle. Le corps causal est l'oubli ou l'ignorance, il est lié au monde de la destruction. Le corps supra-causal quant à lui est le monde de la connaissance.
 
Au-delà de ces quatre corps, vous êtes, la réalité finale. Vous êtes toujours pareil à vous-même, sans aucun changement. Que les différents états de veille ou du sommeil ou quoi que ce soit d'autre vous recouvrent, cela n'a aucune importance pour vous. Vous êtes toujours antérieur à tout, la création comme la destruction ne vous affectent en aucune manière. La conscience qui est en vous disparaît comme l'air s'évanouit dans l'espace, mais vous, la réalité finale, restez inchangé sans aucune altération, vous n'êtes jamais soumis à la dissolution. Même les ignorants se renseignent à propos de leurs vies antérieures, cela signifie bien que vous existiez avant les diverses incarnations !
 
Tout ce qui apparaît doit forcément disparaître, tout finit par se dissoudre, mais vous, vous existez éternellement. Celui qui comprend cela est l'être réalisé, l'ignorant qui reste soumis à l'illusion ne peut pas le comprendre. C'est seulement si vous cherchez à acquérir la connaissance du maître que vous parviendrez au but. Reconnaissez celui-là qui est sorti de l'illusion. Voici le signe qui vous aidera à le distinguer : il est celui qui ne subit aucune altération. Tout ce qui apparaît n'est qu'illusion et quand tous les concepts sont éliminés, c'est la fin de l'univers.
 
C'est une illusion que de dire : ‘je’, ‘vous’, Dieu ou démon… Même la prière est une illusion ! Si la pensée se forme à partir de la connaissance elle se déroule correctement, mais si par contre elle se développe à travers l'ignorance, il n'en résulte qu'une perception faussée. Dans l'épopée du Mahabaratha, celui qui perçoit appartient au clan des Pandavas et ce qui est vu à celui des Kauravas. Kaurava signifie : prospérer par le corps (raurava : prospérer et kaya : corps). Les êtres humains, les animaux, les dieux et les démons, le ‘je’, le ‘vous’, l'adorateur et l'adoré apparaissent tous dans ‘ce qui est vu’. Tout cela est illusion, et quand celle-ci se dissout, seul le Soi reste. Vous ne pouvez pas le comprendre parce qu'elle s'est tant développée qu'elle a recouvert le Soi d'un voile épais.
 
L'être réalisé sait que tout est illusion, mais celui qui en est la proie considère le monde comme vrai et ne s'agite que dans le but d'obtenir la satisfaction par la nourriture et les biens matériels. Il ne voit pas que tout cela est illusion. Même Dieu et la vénération qu'on lui porte sont illusion ! Tant que l'on n'a pas la connaissance de soi, l'illusion peut nous leurrer de mille manières, toutes imprévisibles. Le mental imagine tellement de choses et produit tant de simulacres ! S'il fait de vous un ascète, il vous suggèrera de vous laisser   pousser les ongles ou de vous promener tout nu ! Ou alors il vous poussera à ne manger que certains aliments sous certaines conditions ou à ne pas manger du tout, il pourra aussi vous convaincre de contrôler les sens par toutes sortes de techniques etc.
 
Voilà le genre de concept qui peut soudain germer dans votre mental ! Le véritable ascète est celui dont le mental est libre de tout concept, les bons comme les mauvais car ils ont perdu toute signification pour lui. Si l'on donne une importance à une chose en particulier, on s'éloigne de sa véritable nature. Pour celui qui se connaît cela ne fait aucune différence s'il mange plusieurs fois par jour ou s'il jeûne, s'il dort dans un lit royal ou dans le caniveau ! Il sait que toutes ces choses ne concernent que le corps.
 
Le véritable sage est celui qui connaît le Soi ultime. Il n'a plus d'illusions, il sait que sa véritable nature est la seule vérité et que tout le reste n'est que le jeu des pensées. L'illusion, c'est de chercher à l'extérieur ce qui est en vous. La croyance dans les bons et les mauvais présages est à mettre au crédit de l'illusion ainsi que de prier pour la paix de l'âme d'un défunt, etc. Certains se perdent dans la pratique des rituels prônés par leur religion et s'imaginent réalisés alors que leurs actes prouvent le contraire. Enseigner la connaissance sans la véritable expérience à l'appui est une tromperie ! De même celui qui pratique le yoga sans tendre vers la connaissance de sa véritable nature se contorsionne inutilement. Tout cela est illusion, et que choisir dans l'illusion ?
 
A part votre Soi réel, qui est sans attributs, tout le reste est faux. Les gens pensent que s'ils vénèrent le samadhi  (Ici samadhi signifie mausolé ou stèle funéraire) d'un être réalisé, des miracles se produiront et que leurs désirs seront exaucés. Mais pour réaliser le Soi suprême, il faut être libre de tous ces concepts. Il est rare celui qui n'a aucune illusion, mais lui seul est sage, tous les autres sont atteints de folie ! Mais puisque vous avez pris naissance en tant qu'être humain, vous devez obtenir l'expérience ultime pour ne pas gaspiller votre vie en vain.
 
L'expérience effective de la vérité est la preuve finale. Si vous la cherchez uniquement par la logique du raisonnement il n'en résultera que déception pour vous. L'ignorance entrave tous les êtres humains. Certains tentent d'atteindre la réalité finale par la pratique des rituels, ou par des méthodes qui impliquent la torture du corps. Ils s'enferrent dans la souffrance par la douleur qu'ils s'infligent eux mêmes, et dépérissent insatisfaits à jamais. Tous les êtres souffrent dans ce monde, même s'ils ne le montrent pas. Le monde est atteint d'une fièvre que personne n'arrive à identifier.
 
Même si vous considérez le monde comme vrai, vous ne pouvez nier qu'il est souffrance, la nature vous prouverait le contraire. L'approche juste est donc de rechercher sincèrement à acquérir la connaissance dispensée par le maître. Sinon, une illusion en remplacera une autre : celui qui vient de perdre l'illusion qu'il était habillé, souffre maintenant de l'illusion d'être dénudé ! En bref toutes sortes d'illusions vous affectent d'une manière ou d'une autre. Celui dont le mental en est complètement affranchi est libre du doute.
 
On entre dans le cercle de l'existence mondaine par l'ego, mais on ne peut pas en sortir de la même manière. Abhimanya  (Abhimanya était le fils d'Arjuna l'un des Pandavas de l'épopée du Mahabharata.) signifie ‘orgueil’. Dans la guerre relatée par l'épopée du Mahabharata, Abhimanya a pu pénétrer la formation labyrinthique que les armées Kauravas avaient adoptées, mais il ne savait pas comment en sortir. Seul le disciple authentique du maître peut se dégager du labyrinthe des idéologies mondaines ou spirituelles. Celui qui s'accroche au Soi se réalisera.
 
Pratiquez sincèrement ce que vous dit le maître. Après avoir atteint la conscience pure, si l'orgueil s'immisce à nouveau, vous retomberez inévitablement dans l'ignorance. Il est bon d'expérimenter le Soi en tant que créateur de la manifestation, car si vous ne faites que raisonner à son propos, sans pratique ni expérience, toute cette connaissance spirituelle sera vaine. Dans l'absence de l'expérience on est assailli par les doutes quant au Soi, et on devra alors mener une rude bataille pour se prémunir des pièges tendus par l'existence mondaine. Avoir une ferme conviction quant à notre véritable nature est l'attitude juste à adopter car celui qui doute est une personne perdue. Je vous dispense cette connaissance pour que vous puissiez accéder à la compréhension. Trouvez donc qui est l'agissant. Celui qui n'a pas encore compris d'où
l'illusion émerge doit continuer à y réfléchir sans relâche, l'esprit toujours alerte.
 
© 2005 Shri Sadguru Siddharameshwar Adhyatma Kendra et L. Le Doaré

ABSOLU ET ETRE

Publié le 04/09/2014 à 08:00 par absolultime Tags : vie roman amour message soi extrait

Entretien du 19 juillet 1980 (A la Source de la Conscience)

 

 

Maharaj : Dans cette hiérarchie spirituelle allant du plus grossier au plus subtil, vous êtes le plus subtil. Comment en prendre conscience ? La base de tout est cette absence d’être où tout d’un coup apparaît le sentiment « Je suis ». Au moment même où il apparaît vous voyez l’espace, l’espace mental…Stabilisez-vous là dans ce subtil espace semblable au ciel pur. Vous êtes Cela. Lorsque vous parvenez à vous stabiliser dans cet état vous êtes uniquement espace. Quand cette identité « Je suis » semblable à l’espace disparaît, cet espace disparaît lui aussi, il n’y a plus d’espace. Quand ce « Je suis » semblable à l’espace tombe dans l’oubli il s’agit de l’étatnirguna, sans forme, sans être. Que s’est-il réellement passé ? Ce message « Je suis » n’était pas un message ! Je ne peux pas dire grand chose de plus à ce sujet car il n’y a aucune possibilité de le mettre en mots.

 

Visiteur : Est-ce que Maharaj entre ensamadhi ?

 

M : Je suis stabilisé au plus haut. Il n’est plus question d’entrer ou de sortir desamadhi, tout cela est fini.

 

V : Devons-nous continuer la méditation ?

 

M : Ce que je viens de dire ne doit pas vous servir de prétexte à ne plus poursuivre la méditation. Vous devez persévérer jusqu’au stade où vous ressentez qu’il n’y a pas de méditation. Quand le but de la méditation est atteint elle se détache tout naturellement.

 

V : Quelle est la voie menant à l’état suprême ?

 

M : Il n’est pas question d’atteindre cet état. Vousêtesl’état suprême. Quelle que soit votre ignorance elle se dissipera.

 

Les médecins m’ont dit que je ne devais pas parler, alors je me tais à présent.

 

V : N’existe-t-il pas un désir de ne pas mourir, de ne pas perdre votre corps ?

 

M : UnJnanin’est pas concerné par cela.

 

V : Ne demeure-t-il pas un dernier attachement ne venant pas du Soi mais du corps ?

 

M : On peut le dire, c’est lié en quelque sorte à l’activité administrative de l’être.

 

Voici un problème difficile. Il vous faut rejetez et vous débarrasser de tout ce que vous savez, de tout ce que vous avez lu et en même temps posséder une conviction absolue sur Cela dont personne ne sait la moindre chose. Vous ne pouvez vous procurer aucune information sur Cela et pourtant, sur Cela, vous devez avoir la conviction la plus totale. Que c’est difficile !

 

Beaucoup atteignent l’état quiest,mais personne ne va jusqu’à l’état quin’est pas.Il est très rare que quelqu’un atteigne cet état, un état qui transcende toutes connaissances, tout savoir.

 

Le savoir « Je suis » est le plus essentiel. Proclamez-le, revendiquez-le comme vôtre. S’il n’est pas là, il n’y a rien. La découverte des différents états n’est possible qu’à l’aide de ce savoir conscient « Je suis ».

 

La conscience « Je suis » surgit spontanément de l’Absolu, état de non-connaissance, et il n’y a pour cela aucune raison, aucune cause. Elle est apparue spontanément puis elle a adopté le corps en tant qu’elle-même, s’identifiant en tant que masculin ou féminin. Ce « Je suis » possède son propre amour de la vie, de l’être ; il veut persister, se prolonger mais il n’est pas éternel !

 

Ce spectacle éphémère peut être comparer à la situation suivante. Supposons que je sois très bien, puis que tout d’un coup je tombe malade. Le docteur vient, me donne une médecine et trois jours plus tard ma fièvre a disparu. Ces trois jours de fièvre sont comme la conscience « Je suis ». C’est exactement la même chose, un spectacle transitoire, un état lié au temps. Il ne s’agit pas de dénigrer ce principe « amour de l’être et de la vie », c’est un principe sacré ! Ce sentiment « Je suis » contient le cosmos tout entier.

 

Il est dit que tout ceci est irréel. Quand est-ce certifié irréel ? Quand on comprend qu’il s’agit d’une phase temporaire, parce que le processus de cette compréhension se déroule dans l’Absolu et seulement de l’Absolu est reconnu qu’il s’agit d’un état irréel et temporaire.

 

Dans mon état actuel il n’est pas possible de parler longtemps. Ce qui rend ma tâche difficile est que vous acceptez tout ce qui vous entoure en tant que réalité et j’ai à vous prouver le contraire, ce qui exige beaucoup de paroles que je ne suis pas actuellement en état de fournir.

 

Allez, partez maintenant… ! Commencez lesbhajans

 

 

Extrait de A la Source de la Conscience, Editions Les Deux Océans, 1991

Quand le corps-esprit n’est plus, que suis-je ?

Publié le 01/08/2014 à 16:07 par absolultime Tags : moi monde roman travail message voyage extrait

Entretien du 30 janvier 1981 (Conscience et Absolu)

 

 

Maharaj : Vous agissez comme celui qui va au travail tous les matins pour pouvoir toucher son salaire ; vous, vous venez ici parce que vous voulez la connaissance. Mais une fois que vous avez cette connaissance vous n’avez plus besoin de rester ici.

 

Vous espérez acquérir la connaissance, et en attendant vous restez cloués ici ; mais seuls devraient rester ceux qui cherchent vraiment. (Maharaj congédie quelques personnes).

 

Je ne veux plus d’amateurs ici. Seuls devraient rester ceux qui sont prêts à tout donner pour avancer, ceux qui sont vraiment sérieux.

 

Si vous êtes vraiment sérieux, il faut accepter ce que je dis sans réserve ; sinon ne restez pas, je ne suis pas ici pour vous amuser. Et quel est mon message ? Vous n’êtes pas ce corps. Vous êtes la présence consciente. Acceptez cela, et oubliez-le.

 

A l’avenir, je ne vais pas me pencher sur les problèmes individuels. Je vous dirai seulement : « c’est faux » ou « c’est vrai ». Si vous n’êtes pas d’accord, vous pouvez partir.

 

Question : Je ne suis pas capable d’accepter ce que Maharaj m’a donné.

 

M : Si vous n’en êtes pas capable, ne restez pas. Je n’ai plus rien à faire avec le temporaire. Je ne désire pas l’état de conscience. Qu’il disparaisse, le plus tôt sera le mieux. Une fois qu’on sait ce qu’est le temporaire et ce qu’est l’état d’origine, on n’a plus besoin de rien. Dès que la conscience s’est éveillée, le temps et l’espace ont fait leur apparition. Elle existe dans le temps. Tout le monde souffre dans cette structure espace-temps ; pourquoi penser que chaque souffrance est unique ? De toute éternité j’étais dans cet état de béatitude complète, totale ; d’un seul coup, je me retrouve dans cet état d’imperfection. Ceux qui ont saisi la connaissance que je leur ai présentée se détourneront des raisonnements ou de la spiritualité préconisés par d’autres. J’affirme à tout savant lettré imbu de sa sagesse que j’étais là, à l’observer, quand il est venu au monde. Est-ce que c’est quelque chose que vous pouvez accepter ?

 

Q : Oui. Pourquoi la conscience s’est-elle éveillée ?

 

M : Accrochez-vous à cette conscience, et vous comprendrez pourquoi elle s’est éveillée, sans cause. Personne d’autre ne peux vous expliquer pourquoi et comment elle s’est éveillée.

 

C’est la conscience dans le manifesté qui parle sans arrêt, pas moi. Comment le langage fait-il son apparition ? A cause de vos efforts ?

 

Si vous saisissez l’essence de ce que je vous dis, vous allez éclairer le monde. Ceux qui errent de par le monde, sans but, n’auront rien. Savez-vous ce que vous voulez ?

 

Eknath, un sage dans la campagne , a écrit des poèmes merveilleux ; il s’écria : « J’ai été piqué par un scorpion ! ». Qu’est ce que cette piqûre ? C’est la conscience. Cette connaissance des choses, c’est le scorpion qui m’inflige cette souffrance, sous la forme de toutes ces expériences, tous ces concepts.

 

En tant queJnani, je vous le dis, rien n’est réel ! C’est une pièce jouée par votre conscience, et votre conscience vient du corps sustenté par la nourriture.

 

Q : Je rends grâce à mon corps qui m’a amené ici.

 

M : Vous êtes venu ici juste pour vous suicider.

 

 

 

Maharaj : Celui qui est sérieux dans sa recherche se penche sur ces questions sans arrêt : quand le corps-esprit n’est plus, que suis-je ? Quelle est la Réalité Ultime ?

 

L’Etat Absolu ne peut pas être expliqué par des mots. Les mots ne sont que des signes. Vous êtes cet Absolu, cet Immuable. La conscience, le fait de connaître, est homogène et une. Quand vous êtes dans cet état de conscience, tout est le même un, mais avec des expressions différentes.

 

Tout ce qui passe, qui est utilisé, et s’épuise, n’est pas réel. A la fin du voyage votre connaissance s’épuisera, elle s’effacera, il est donc impossible qu’elle soit le réel ; mais vous ne pouvez pas l’ignorer, il faut la comprendre dans sa totalité.

 

Juste maintenant il y a un nombre infini de faits qui vous lient à ce monde, parce que vous êtes liés au souffle vital. Quand il disparaîtra, que pensez-vous qu’il arrivera à tous vos liens avec le monde ?

 

Je n’explique pas tout ça en pure perte, beaucoup de gens en ont profité. Le moment viendra quand eux aussi seront des éveillés, et communiqueront la connaissance à leur tour.

 

UnJnanireste dans le même état, avec ou sans corps.

 

Méditez, ne perdez pas ce que vous avez acquis.

 

Quand on ne s’identifie plus au corps on transcende non seulement le corps, mais aussi la conscience, car elle est un produit du corps. La conscience cesse son refrain « Je suis, Je suis ». 

 

 

Extrait de Conscience et Absolu, Editions Les Deux Océans 1997

La conscience est partout par Nisargadatta maharaj

La conscience est partout par Nisargadatta maharaj Nisargadatta_Maharaj

(Revue Être. No 4. 14e année. 1986)

Le titre est de 3e Millénaire

Extrait d’entretiens de « Ni ceci, ni cela » publiés, comme la majorité des livres de Nisargadatta, aux éditions « Deux Océans ».

10 février 1980

La conscience est présente dans chaque forme animée par la vie mais elle n’apparaît dans la matière que reflétée par un principe « conscientiel » limité. Ce devrait être le contraire !

Tout ce que vous pourrez dire sera certainement très logique au niveau corps et intellect, pourtant ce n’est que lorsque votre notion d’être se sera nettoyée, complètement débarrassée de cet état corps-intellect, qu’elle deviendra univer­selle. L’être est la source d’où ont surgi les cinq éléments, les trois Gunas, suivis de la végétation et du royaume animal.

Le prâna, la force vitale, est présente dans les végétaux. Y a-t-il également une conscience dans la plante ?

Tout ce qui est visible et perceptible dans l’espace est créé par la conscience et imprégné par elle. Cette création tout entière finira par se fondre dans l’espace. Du point de vue du corps chaque forme constitue une entité séparée, mais au niveau de la conscience, elles ne sont que manifestation « conscientielle » et non séparées.

Au fur et à mesure de vos progrès spirituels vous décou­vrirez que l’unique source de l’univers est votre conscience. Il vous est actuellement impossible de percevoir cela parce que vous demeurez prisonnier des griffes de l’intelligence rationnelle. Tout ce qu’il vous est possible d’amasser aujour­d’hui relève de votre identité au corps, il s’agit d’un savoir erroné. Lorsque vous posséderez le savoir concernant « ce que vous êtes », vous verrez clairement que le monde et l’univers résident dans cette miette de conscience qui est votre. À ce stade vous aurez transcendé le sentiment d’être un corps pen­sant, tandis qu’aujourd’hui tout ce que vous êtes capable de comprendre se trouve limité, parce que prenant appui sur une conviction fausse.

Lorsque vous percevez le monde intérieur à l’extérieur, vous le baptisez « rêve ». Mais ce monde est-il différent perçu à l’intérieur ? Ce qui est perçu à l’intérieur est contenu dans le sentiment « je suis » au sein de la conscience. Le même processus se reproduit exactement dans l’état de veille.

Votre conscience, le sentiment d’être « présent » est la gousse, la coque à l’intérieur de laquelle se déploie le monde de veille et du sommeil. Voilà l’état des choses, mais cela aussi vous l’acceptez au travers du corps ! Tout ce que vous enre­gistrez est mesuré au mètre faussé de votre intelligence et vous ne pouvez rien distinguer au-delà. Le visible est un produit de l’espace et quand tout le visible a disparu, l’espace demeure. Quand votre monde surgit de cet espace et se concrétise, pour votre commodité vous lui attribuez des noms variés vous per­mettant de poursuivre vos activités quotidiennes, mais en fait aucun de ces noms n’a de réalité. Cette création est permanente, éternelle et ne possède aucune forme ou individualité valide. Tout ce qui est n’est simplement que manifestation au-delà de toute connaissance. Percevoir, savoir, n’est possible qu’au moyen des sens humains limités. Le manifesté qui les trans­cende ne peut pas être connu. Parvenir à comprendre cela exige la pratique du « Jnan-Yoga », c’est-à-dire le « je » se laissant absorber par lui-même. Le « Jnan-Yoga » signifie chercher, interroger. « Comment cette présence à « je suis » se produit-elle » ? Découvrir que ce sentiment « je suis » et « l’univers » ne font qu’un est l’aboutissement du Jnan-Yoga, la connaissance « je suis » s’enfonce, sombre en elle-même. Seulement voilà. Comme vous voulez conserver intacte cette personnalité pensante, ça ne marche jamais !

Quand le sentiment d’être apparaît il n’a aucunement l’impression d’être un corps ! C’est de ce sentiment d’être qu’est créé le cosmos tout entier. Au sein de cette création vous disposez également d’une forme, mais vous n’avez nul besoin de vous identifier à elle en tant qu’entité fonctionnant et se déplaçant indépendamment dans le monde. Le principe qui anime et propulse le corps est uniquement cet être, cela ne provient pas du corps. Ce grand spectacle cosmique se déroule dans la conscience et à la fin tout se dissoudra dans cette seule conscience. Méditez là-dessus sans vous identifier au corps et vous, conscience, découvrirez que vous soumettre à cette identité de forme humaine est l’action de Mâyâ, l’illusion.

Cette conscience est donc la graine, le principe germinatif du cosmos tout entier comprenant force vitale dynamisme, Gunas, qualité d’être, et prâna. La conscience possède la faculté de ressentir que « vous êtes ». À son apparition, la conscience est libre de toute identification. Mais bien qu’il s’agisse sim­plement du principe universel de manifestation, son identifi­cation au corps lui fait éprouver plaisir et souffrance. La conscience se connaît seulement au travers d’elle-même. Bien rare est celui qui découvre que cette manifestation tout entière jaillit de ce qui est « lui-même ».

Le « je » s’absorbant en lui-même est un état sans nom et sans forme, c’est le plus haut niveau de la spiritualité. La sensation d’avoir une personnalité et des besoins est res­sentie comme primordiale, antérieure à tous les yogas, mais après avoir pratiqué le Jnan-Yoga vous vous découvrirez au-delà de tous besoins, au-delà de toute individualité. Les experts de Kundalinî-Yoga se complaisent dans les visions et les pouvoirs obtenus par leur ascèse, mais il ne leur est pas possible d’expliquer la source de l’énergie Kundalinî !

Je suis bien d’accord, il faut atteindre le niveau le plus haut, mais vous avez précisé que cette êtreté jaillit spontané­ment du niveau élevé. À notre niveau corps-intellect nous sommes donc au seuil d’un mystère total !

Qu’est-ce que vous incite à parler de niveaux… à vouloir atteindre le plus haut niveau ? Le niveau n’est qu’un concept. C’est à la suite de la séparation avec le haut qu’apparaît le principe premier « je suis » et après lui tous les autres concepts. Séparation signifie dualité, altérité.

Je croyais vous avoir entendu dire qu’au niveau ultime il régnait une indifférenciation totale. Existe-t-il encore un sentiment « je suis » ?

De la non-connaissance apparaît la connaissance, celle-ci doit être découverte. Lorsque nous parlons, il nous faut rechercher d’où naît ce langage. Il jaillit à partir du sentiment « je suis », mais quelle est la source de « je suis » ? Ici en fait je ne parle pas. Quand la parole se prononce intuitivement on peut dire qu’elle s’exprime toute seule. L’événement initial est de se rappeler « je suis », de ce rappel coule le langage. Donc, quel est ce « je suis » ?

Dans ce rappel initial « je suis », ne l’oubliez pas, existe votre corps et le cosmos tout entier. Toutes les formes sont créées et nourries par l’essence de la matière, mais l’évidence de son être est la quintessence Sattva-Guna du corps. Qui éprouve cet être et d’où vient-il ? Il faut patiemment chercher au fond de soi jusqu’à ce qu’on trouve. Quand c’est fait, lorsque vous vous êtes nécessairement fixé sur le constat « je suis », se produit une surprenante révélation. Vous découvrez que du sein de ce grain d’être initial se projette la totalité de l’univers, votre corps inclus. Ce principe suprême et omnipo­tent, sans corps et sans forme, s’accroche à ce corps qui lui fait éprouver « je suis » et instantanément il adopte cette fausse identité corporelle. Il se cramponne à cette forme avec une telle rapidité qu’il se différencie et l’existence indépendante et libre devient alors difficilement perceptible.

L’essence de l’être, qui est ce bourdonnement intérieur « je suis », est la condition préliminaire indispensable à tout fonctionnement du corps. Ce sentiment devient confus lorsque la personne est malade et elle ne réagit plus lorsqu’on lui fait signe ou qu’on l’appelle.

Devrait-on dormir le plus souvent possible afin de faire l’expérience du « je suis » au moment du réveil ?

Ce contact avec « je suis » n’est pas une expérience ou une découverte effectuée par le corps pensant. C’est ce « je suis » qui permet au corps et aux sens de fonctionner et de faire l’expérience de ce qui l’entoure.

Vous êtes quelqu’un de cultivé, comprenez donc bien ceci. Croire que vous allez mourir prouve que vous demeurez iden­tifié à votre corps et que le sentiment « je suis » ne s’est pas absorbé en lui-même. Cela démontre également que vous n’atteignez pas de Jnan-Yoga et donc que votre bagage spiri­tuel sent un peu mauvais. Vous revendiquez comme représen­tant ce que vous êtes : un corps, alors que vous êtes uniquement la connaissance manifestée « je suis ». C’est cela qui sent mauvais ! Nous parlons beaucoup de la mort, dernière extré­mité de la vie, mais le commencement, la naissance, pourquoi ne pas en parler ? Avant cette naissance, vous avez été porté pendant neuf mois par votre mère. Durant cette période possédiez-vous le « humka », le bourdonnement de l’être ?…

Juste après la naissance, cet être habitant dans le corps ne se ressent pas concrètement, il lui faut quelques mois avant de commencer à se reconnaître. Plus tard encore l’enfant s’exerce à distinguer quelques objets : son corps, sa mère et aussi les sons, les mots. À ce stade, sa mère lui apprend son nom et quelques autres idées. Vous connaissiez-vous dans le ventre de votre mère en tant que fœtus ?

Non, mais la conscience était néanmoins déjà à l’intérieur de cette forme !

Se connaissait-elle durant les neuf mois de la gestation ?

Mais elle était là !

Que cherchez-vous à prouver ? La conscience est partout, elle est dans les fleurs, dans vous et moi, elle est partout.

Bien, bien, j’ai compris !

Qu’avez-vous compris ?

Qu’il n’existe que la conscience, rien d’autre.

Ce n’est pas cette compréhension là que je souhaiterais. La compréhension correcte apparaîtra lorsque vous aurez pris conscience que tout ce que vous avez compris jusqu’ici n’a aucune valeur. L’accomplissement du Jnan-Yoga rend tout ce qui avait été compris jusque-là irréel. Les soi-disant sages se grisant de leurs pouvoirs et des honneurs qui leur sont rendus ne sont pas pleinement réalisés parce qu’ils ne sont pas complè­tement établis dans l’être.

Un petit enfant en qui régnait la plénitude est nourri d’idées, il est semblable à l’écran vierge de la télévision qui néanmoins projette des images venues de l’extérieur. Le principe-enfant, qui est la conscience, est engendré comme à la suite d’un processus chimique. J’aime désigner la conscience comme la matière première, l’élément chimique primordial. Mais « Vous », ayant atteint le point le plus haut, n’êtes pas cet élément primordial au sein duquel se développent les souffrances du monde.

Supposons que vous soyez centenaire. Qui s’attache à la mémoire de ces cent années ? L’élément de base ! C’est exactement comme cette photographie de mon guru sur le mur. Qu’est-ce qui maintient l’image de mon guru ? C’est le support chimique de la photographie ! Dans le corps, cet élément primordial maintient cette identité et assume les diverses acti­vités sensorielles. Je nomme l’expression de cet élément « mécanique ».

Mais les éléments chimiques de la photographie n’auraient pas pu fixer l’image de votre guru s’il n’avait pas été là !

De quoi est fait ce guru, où serait cette mémoire « je suis » et l’élément premier si l’ultime, l’Absolu, n’était pas présent ? Seule l’existence éternelle de l’Absolu permet l’apparition de la conscience et de ce spectacle cosmique. Cet immense jeu théâtral se déroule donc sur une scène créée par la conscience.

Est-ce la conscience universelle qui a pris la forme de Maharaj ?

Cette bribe de conscience a pris la forme de la conscience universelle. Son image est l’univers entier. C’est cette pointe d’épingle de conscience qui dans le sommeil profond se déploie en univers de rêve.

Cela veut-il dire que vous appartenez aussi à mon univers de rêve ?

Avant de vous référer à moi en tant que « vous », trouvez ce qu’est ce « vous »… Votre question s’est retournée comme le boomerang allant frapper celui qui l’a lancé ! Alors, « vous », qu’est-ce que c’est ? J’ajoute que je ne suis pas ce corps, je ne suis même pas cet élément premier.

Cet élément de base, ou conscience, est également appelé Mahâ-Tattva, Mûlmâyâ, Hiranya-Garbha, Brâhma-Sûtra, etc. Mais la somme de tout cela est cet Atma-Prem, l’amour de l’état d’existence, l’amour de son être. Celui qui comprend et devient ce Mahâ-Tattva est appelé Mahâtma.

Vous pensez pouvoir prétendre au statut de Jnâni, mais penser n’est que le fait des ignorants !

Être éveillé à la présence de « cela » semble donc être le plus haut état que l’on puisse définir. Cette présence paraît être au-dessus de la compréhension de « je suis » ?

Oui, à la condition que cette présence n’éprouve plus « je suis ». La connaissance de l’univers entier se fond dans cet état élevé. Toutes les manifestations qualitatives sont réunies dans cet état appelé Bhâgwan. Tous les titres et tous les états extraordinaires suggérés par ces titres, fusionnent et se perdent dans cette vacuité. Ishwara y devient Vischwa-Vishâya et la manifestation universelle, Nirvishâya, c’est-à-dire l’unique, celui qui n’a pas d’objet.

Ceci ne peut être absorbé que par les chercheurs brûlant du désir de connaître leur véritable nature. Toutes les informations que je puis vous fournir concernent uniquement cette trace de conscience ayant accouché de cet univers manifesté. De plus, moi, Absolu, ne suis pas cette trace, cette miette, mais je ne puis fournir aucune information sur moi. Il y a eu tant de dissolutions du cosmos, tant d’éons se sont succédé et malgré tout cela, moi, Absolu, demeure intact au sein de mon royaume éternellement paisible !

Si l’on vous demandait ce que vous étiez il y a cent ans vous répondriez « je n’étais pas », ce qui veut dire « je n’étais pas comme ceci, pas comme le « je suis » actuel. » Mais com­ment vous serait-il possible de répondre « je n’étais pas ainsi » ? Celui qui sait cela devait être présent ! Celui qui se tenait là il y a plus de cent ans n’était pas semblable au « je suis » actuel mais il était là, et est là en ce moment !

Il est ce « je », l’Absolu.

Allez-y, utilisez n’importe quel mot, n’importe quel concept et faites-vous plaisir… ! Réfléchissez plutôt, méditez là-dessus : où étiez-vous il y a cent ans ?

Pourquoi ne pas vous intéresser au moment de la concep­tion et à ce qui s’est produit ensuite ? Au lieu de cela vous êtes constamment à l’affût de biens spirituels et matériels à acquérir, ce qui ne vous aidera en rien !

Dans l’essence de toutes les nourritures ce Swarâya, pou­voir de connaître, et Prarâbdha, destinée, sont déjà présents mais en sommeil. Et la quintessence des boissons et aliments est ce sentiment d’être, ce contact, cette connaissance « je suis ».

Mais ce principe pourrait-il exister en l’absence de prâna ?

Qui pourrait être en l’absence de prâna ?

Est-il dans la fleur ?

Il est dans la fleur, il est même dans la couleur de la fleur, il est partout… ! Après avoir écouté ces explications que va-t-il se passer ? Celui qui comprend, qui absorbe ce que je dis, arrivera à la conclusion que tout ce qui est vu, entendu, expéri­menté, acquis, est totalement inutile. Même son propre contact avec « je suis » va se révéler superflu et sera transcendé. Finalement il ne demeurera personne, simplement Viskham Para-Brahman, état Absolu éternel et sans désir. Mais nous continuons nos ascèses, les disciplines de la dévotion à un dieu, les pénitences, le Japa, etc., afin de nous emparer de quelque chose de spirituel ! Pourtant si notre souhait se réalise ce sera Niskham Para-Brahman, vacuité, ce qui prouve que tout cela est superflu. Même le plus haut est inutile au plus haut. Cet état est également appelé Purna-Brahman, Para-Atma, Parama Ishwara. À présent retournez à la veille de votre conception, cela aussi est le Purna-Brahman, il n’y avait alors aucun besoin de quoi que ce soit.

J’essaie de suivre mes pensées et mes émotions et je décou­vre qu’elles changent continuellement, mais je sais que ce chan­gement a lieu devant le sans-changement. Est-ce que cette manière de procéder va se révéler utile ?

Oui, ce sera utile mais… Intellectuellement, tout ça est très bien, mais la pensée n’a aucune réalité. Qu’entendez-vous par le sans-changement ? Quand pourra-t-il exister de sans-changement ? Seulement quand vous aurez perdu cette notion « je suis », quand le sentiment d’être se sera entièrement dis­sout en lui-même ! N’étiez-vous pas dans cet état sans change­ment la veille du jour de votre conception ? À partir de votre sentiment d’être un corps-pensant tout ce que vous observez se présente en tant qu’entités séparées : moi, vous, nous, eux ! Mais pour l’immuable Absolu tous ces mouvements, ce jeu de la terre et du cosmos, se produisent dans la cellule de l’être. Qu’est-ce qui est demeuré inchangé en vous depuis votre enfance ? Aucune de vos identités n’est stable, observez-le !

Il me semble que le principe « je » ne change pas, me suis-je trompé ?

Votre principe « je » n’a toujours pas compris ! Ce prin­cipe « je » est produit par la danse des cinq éléments en per­pétuelle mutation, comment pourrait-on attribuer à ce qui est immuable cette qualité de s’éprouver « je » ? Dans l’Absolu il n’exige aucun champ d’activité, aucun espace dans lequel les cinq éléments puissent jouer, il s’agit d’un état sans attribut. Croyez-vous que si l’Absolu était en contact avec « je » il se donnerait la peine d’entrer dans un corps ?

Quand je médite mon attention se porte sur la conscience en elle-même. Mais j’ai découvert qu’étant éveillé à cette pure conscience je ne pouvais pas être elle.

Vous avez une bonne formation spirituelle, vous parlez de la « pure conscience » qui est la manifestation en effusion présente en toute chose. C’est au sein de cet état que l’on devient témoin. Vous parviendrez par la méditation à totale­ment oblitérer la mémoire ou la non-mémoire de la manifes­tation et du sentiment d’être. Tant que le Guna « sentiment d’être » est présent, l’état témoin se prolonge. L’établissement dans l’état de non-témoin est l’état Advaïta, le plus haut. Donc toute expérience doit être absorbée, avalée, y compris le sen­timent d’exister qui est l’expérience primordiale.

Comme je l’ai dit tout à l’heure, quand je suis éveillé à cette pure conscience je suis assez indépendant du corps et des circonstances et je ressens que, « je suis », Absolu, est l’origine de cette conscience derrière laquelle, « Je », Absolu, se maintient dans un silencieux repos.

Vous parlez de la conscience, alors indiquez-moi la cause de cette conscience ? De quoi est-elle le résultat et l’aboutisse­ment ?

La conscience est l’aboutissement de la nourriture.

Oui, dans l’essence de la nourriture, dans cette qualité ou Guna, réside ce sens du « je suis ». Mais comprenez bien que vous ou moi ne sommes pas ce Guna du point de vue de l’Absolu. Nous, Absolu, posons en tant que « je suis », mais ne sommes même pas cet élément de base « je suis ».

Plus tard durant ma méditation il me semble m’écarter de cet état d’éveil à la pure conscience et retomber dans l’exis­tence corporelle et mentale. C’est sur ce point que je vous demande votre aide.

Ne faites rien, absolument rien, simplement « soyez » ! Soyez simplement cette évidence : « je suis », accrochez-vous là ! Pour bien vous imprégner de cela méditez uniquement sur l’être. Emparez-vous de la connaissance « je suis » par la médi­tation. Par ce processus se produira la révélation de ce que « Je », l’Absolu, ne suis pas le Guna « je suis ».

Rien donc, ne doit être conservé durant la méditation, aucune mémoire. Quand malgré tout quelque chose apparaît sur l’écran de cette mémoire n’en soyez pas concerné. « Soyez » simplement, ne faites rien.

Abstenez-vous de vous relier à quoi que ce soit pendant la méditation. À partir du moment où vous le faites, la dualité se manifeste et un « autre » surgit. Si vous demeurez en ne faisant absolument rien, toutes les énigmes seront résolues et dissoutes. Mulmâya, l’illusion initiale, relâchera l’emprise qu’elle a sur vous et disparaîtra.

Dans la spiritualité il n’existe ni perte, ni profit et pas davantage naissance et mort. Vous n’avez de toute façon aucune expérience directe de la naissance. C’est quelque chose ressemblant à l’incident de Calcutta, ce vol qui s’est produit à Calcutta et dont moi, ici, à Bombay je serais accusé. On m’accuse, non seulement de cette naissance, mais de centaines d’autres auparavant. Je ne suis conscient d’aucune naissance, seuls mes parents, que je ne connaissais pas, m’imputent cette naissance.

Après ces révélations n’avez-vous pas honte d’accepter l’accusation d’être né ? J’ai pu être délivré de toutes ces charges imaginaires lorsque j’ai rencontré le Sat-guru qui a allumé la torche de la sagesse et m’a révélé ma véritable nature en tant que « je suis le non-né » ! Dans le royaume du non-né il n’y a pas de place pour le « je suis », pas plus que pour le soleil, la lune, les étoiles ou le cosmos.

Traduit de l’anglais par Paul VERVISCH.

Les flêches de l'éveil et d'Absolu

Publié le 17/06/2014 à 17:22 par absolultime Tags : monde pensées vie mort nature film écran image fond soi

-Il n'y a rien à pratiquer. Pour vous connaître, soyez vous-même. Pour être vous-même, cessez d'imaginer que vous êtes ceci ou cela. Soyez seulement. Laissez votre vraie nature émerger. Ne troublez pas votre mental par la recherche. Regardez-vous, regardez votre propre existence. Vous savez que vous êtes et vous aimez ça. Rejetez toute imagination, un point c'est tout. Ne comptez pas sur le temps, le temps c'est la mort. Celui qui attend meurt. La vie n'est que maintenant. Ne me parlez pas de passé ou de futur - ils n'existent que dans votre mental

-Sur l'écran de cinéma, les silhouettes se déplacent continuellement, elles ne peuvent pas faire autrement, c'est sur le film. Elles ne décident rien, le film se déroule. Mais qu'est-ce qui rend possible les silhouettes sur l'écran ? Est-ce le seul déroulement du film ? Non, c'est la lumière qui le traverse, la lumière qui est derrière. Pour vous c'est la même chose, votre réalité est uniquement d'être lumière, d'observer le film dont le déroulement produit les événements du monde. Soyez cette source-lumière derrière la conscience

-Il ne se passe rien - personne n’est esclave – et par conséquent il n’est pas question de libération. C’est seulement parce qu’on se pense en tant qu’individu qu’on conçoit la servitude et la libération.
Tout ce que vous avez pensé jusqu’ici dans ce bas-monde ne sert absolument à rien.

-Supposons que je n’aime pas mon corps-esprit, ou mon souffle vital – qu’y puis-je ? Le corps est là, le souffle vital aussi, par conséquent le « Je suis » est là aussi. Ils fonctionnent d’eux-mêmes, pourquoi est-ce que je m’en soucierais ? La conscience fait son numéro, laissons-la

-Les pensées vont et viennent, mais celui qui a la connaissance, ne se sent pas concerné.
Les pensées arrivent dans la conscience ; l'observation aussi se produit dans la conscience. Il faut vous convaincre que vous êtes cette conscience. Une fois que c'est bien établi, il n'y a plus rien à faire ; laissez cette conscience faire ce qu'il faut faire. Tout ce qui arrive, arrive automatiquement.

-J'étais là, j'étais un, même pas conscient de ma conscience, et voilà que d'un seul coup cette conscience surgit.

-Vos pensées sur l'individualité ne vous appartiennent pas en propre ; elles sont collectives. Vous opinez que c'est vous l'individu qui a ces pensées; en fait elles viennent de la conscience.
Quand notre spiritualité se développe, notre identification à l'individualité corps-esprit diminue, et notre conscience atteint la conscience universelle. La force vitale continue, mais ses pensées et ses actions ne sont plus limitées à un individu. Elles deviennent une expression du tout. C'est comme le vent : il ne souffle pour personne en particulier.

-Il n’y a pas à rechercher le maintenant ou quoi que ce soit mais à être éveillé, attentif à sa propre conscience, c’est tout. La conscience doit être consciente de sa faculté de prendre conscience. Rien n’est à faire, aucun acte particulier à accomplir. Parler d’abandon est simplement une manière d’exprimer cela. Vous êtes pure présence consciente, vous l’êtes et vous n’avez pas à vous le répéter avec des mots. Gardez-le au fond de vous-même. Rappelez-vous toujours : la conscience est toutes choses, tout, pour tout être pensant. S’il n’y a plus de conscience le monde n’existe plus. C’est conscience est avec nous à tous les moments de notre existence. Cette connaissance n’a pas d’aspect ou de forme, elle est semblable à la lumière, la lumière de la vraie connaissance, elle est de la nature de l’amour. Comprenez bien que cette conscience n’est pas représentée par le corps, qu’elle est seulement lumière.
La lumière révélant l’existence, voilà votre véritable nature et ne demandez pas « qui sont les parents de la lumière », elle est là et c’est tout.
La lumière est la découverte « je suis ». C’est l’aboutissement du corps-essence-de-la-nourriture. Ce « je suis » est la condition indispensable pour que le monde apparaisse à l’existence, dans son image est contenu tout le reste. Observez, percevez, regardez ce « je suis » sans l’œil physique. Cette conscience précède la vue. En dehors de cette certitude « je suis » que pouvez-vous posséder d’autre ?

-Vous avez la certitude d’être. Cette connaissance devient plus tard non-connaissance, ce qui est l’ultime prolongement de la connaissance. Comparons ceci à l’eau. Vous avez un récipient d’eau, vous la voyez, vous la touchez. Elle s’évapore et il n’y a plus rien. Vous pensez probablement qu’elle est détruite mais il n’y a pas eu de mort, pas eu de destruction. L’eau n’est pas annihilée, elle est devenue nuage, abondance, fertilité.

-Ce que vous êtes est sans forme, ne peut pas être observé, vous ne pouvez pas le savoir. Vous ne pourrez jamais “connaître” le Soi. Vous devez “être ça” et en rester là, ne plus en bouger.

-La connaissance que l’on peut posséder est un ramassis d’ignorance.
Ce qui est, avant la connaissance, Cela est la Vérité.

-Quoi que vous ayez pu comprendre n'est pas la vérité et vous devez le jeter par dessus bord.Ne vous efforcez pas de vous emparez de quelque chose et de vous y accrocher...!

 

 

Courage Amour et Absolu

Publié le 17/06/2014 à 17:20 par absolultime Tags : vie monde amour soi

Q: La conviction ? je suis Cela ? est-elle fausse ?



M: Bien sur. La conviction est un etat mental. Dans le ? Cela ? il n’y a pas de ? je suis
?. Quand emerge la sensation ? je suis ? le ? Cela ? rentre dans l’ombre comme les
etoiles sont balayees du ciel par le lever du soleil. Mais de meme qu’avec le soleil vient
la lumiere, avec la conscience du soi vient la beatitude (chid-ananda). On cherche la
cause de la beatitude dans le ? non je ?, ainsi nait l’alienation.



Q: Etes-vous, dans votre vie quotidienne, toujours conscient de votre etat reel ?



M: Ni conscient, ni inconscient. Je n’ai pas besoin de convictions, je vis de courage.
Le courage, qui est amour de la vie, est mon essence. Je suis libre de souvenirs et
d’anticipations, je ne suis pas concerne par ce que je suis ou ne suis pas. Je ne me
laisse pas aller a l’auto-description : soham et brahmasmi ( ? je suis Lui ?, ? je suis le
Supreme ? ) ne me sont d’aucune utilite j’ai le courage d’exister comme rien et de voir
le monde tel qu’il est rien. Cela parait simple, mais essayez !



Q: Mais qu’est-ce qui vous donne ce courage ?



M: Que vos opinions sont faussees Le courage doit-il etre donne ? Votre question
implique que c’est l’anxiete qui est la norme et le courage anormal. C’est l’inverse.
L’anxiete et l’espoir sont les fruits de l’imagination ? je suis libere des deux. Je suis
ETRE pur et je n’ai besoin de rien sur quoi m’appuyer.

 

Nisargadatta Maharaj

Regardez au dedans et voyez

Publié le 17/06/2014 à 09:19 par absolultime Tags : nature pensée

Vous serez libre quand vous réaliserez que la Pure Conscience qui écoute maintenant est votre vraie nature.

 Ici, en cet instant, vous êtes dans cet état réalisé, mais vous vous efforcez de le constater au travers de vos désirs et de vos concepts mentaux, ce qui explique votre incapacité de le voir et de vous abîmer en lui.

 Il n’est pas question d’atteindre cet état. Vous êtes l’état suprême.

 

L’Absolu, le présent-à-jamais, est votre véritable identité. C’est cela que nous sommes tous réellement. C’est cela la réalité. Elle est ici et maintenant. Où est-il question de quelqu’un atteignant cette réalité ?

 Le désir de liberté, qui naît dans le cœur du chercheur au début du chemin, disparaît peu à peu lorsque celui-ci réalise qu’il est lui-même ce qu’il cherchait.

 Pratiquer une sadhana signifie présumer de l’existence d’un fantôme. Qui va pratiquer la sâdhana, et dans quel but ? Ne suffit-il pas, devant le faux, de voir sa nature de faux ? L’entité que vous pensez être est factice, est le faux. Vous êtes la réalité.

 On s’imagine qu’on doit d’une façon ou d’une autre se transformer, passer du stade d’être humain imparfait à celui d’être humain parfait appelé Sage. Si seulement on pouvait voir l’absurdité de cette idée ! Celui qui pense ainsi n’est lui-même qu’un concept, une apparition, un personnage dans un rêve. Comment un pur fantôme pourrait-il s’éveiller d’un rêve en se perfectionnant ?

 Tout autre effort, tout autre action volitive, ne sera non seulement d’aucune aide, mais constituerait une entrave et un danger.

 C’est là que réside tout le malentendu – penser que vous êtes une entité qui doit effectuer quelque chose afin de devenir semblable à l’entité que vous pensez que je suis ! C’est cette pensée-là, l’identification à une entité, qui constitue « l’attachement » - et rien, absolument rien d’autre que la désidentification ne pourra engendrer la « libération ».

 

Vous êtes ce que je suis ; mais vous vous êtes identifiés à ce que vous pensez être – un objet – et vous recherchez la libération de cet objet. N’est-ce pas là une gigantesque farce ? Un objet peut-il avoir une existence indépendante et décider de ses actes ? Un objet peut-il être attaché ? Et libéré ?

 Vous n’êtes pas prêts à accepter ma parole qu’il n’existe rien de tel qu’un « individu » ; que « l’individu » n’est qu’une apparition ; qu’une apparition ne peut souffrir d’aucun « attachement » et, par conséquent, qu’il ne saurait être question d’une quelconque « libération » pour une apparition.

Réalisez-vous que la base même de votre recherche est fallacieuse – que pouvez-vous faire ? Et y a-t-il quelque chose à faire ? Par qui ? Par une apparition ?

 

Quoi que vous cherchiez à savoir sur votre condition véritable, cela est inconnaissable, parce que vous êtes ce que vous cherchez.

 

 Voyez ce que vous êtes. Ne le demandez pas aux autres, ne les laissez pas vous parler de vous. Regardez au dedans et voyez."

Nisargadatta Maharaj

 


 


"Maharaj : La réalisation, c’est réaliser le fait que vous n’êtes pas une personne. Ce ne peut donc pas être le devoir de la personne dont la destinée est de disparaître. La destinée est le devoir de celui qui s’imagine être une personne. Découvrez qui il est et la personne imaginée se dissoudra. La liberté est toujours de quelque chose. De quoi serez-vous libéré ? Il est clair qu’il faut que vous vous libériez de la personne que vous prenez pour vous car c’est l’idée que vous avez de vous-même qui vous retient dans les liens.

Q: Comment supprime-t-on la personne ?

M: Par la détermination. Comprenez qu’elle doit disparaître et qu’elle peut le faire - elle disparaîtra si vous y mettez suffisamment de sérieux.  Quelqu’un, n’importe qui, vous dira que vous êtes pure conscience (consciousness) et non l’assemblage d’un corps et d’un mental. Acceptez-le comme une possibilité et examinez-le avec application. Vous pouvez découvrir que cela est vrai, que vous n’êtes pas une personne liée par l’espace et par le temps. Pensez à la différence que cela ferait !

Q: Si je ne suis pas une personne, alors, que suis-je ?

M: Votre nature réelle est tellement différente de ce qu’elle paraît être ! Abandonnez l’opinion que vous êtes une personne, c’est tout. Vous n’avez pas besoin de devenir ce que, de toute façon, vous êtes. Il y a l’identité de ce que vous êtes et il y a la personne qui lui est sur-imposée. La seule chose que vous connaissez, c’est la personne ; l’identité - qui n’est pas une personne - vous ne la connaissez pas parce que vous n’avez jamais douté, parce que vous ne vous êtes jamais posé la question primordiale : « Qui suis-je ». L’identité est le témoin de la personne et la sadhana consiste à transférer l’importance accordée à la personne superficielle et changeante, au témoin immuable et éternellement présent."

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